23 janvier… 1989 – Salvador Dalí s’éteint à Figueras

L’Espagne et le monde perdent le 23 janvier 1989, l’un des surréalistes et artistes les plus célèbres du XXème siècle. Salvador Dalí meurt à l’âge de 84 ans, laissant derrière lui une oeuvre exceptionnelle.

Salvador Dalí, artiste surréaliste du XXe siècle. ©Van Vechten, Carl, 1880-1964. et un auteur supplémentaire. Domaine public

Son tableau La Persistance de la mémoire avec ses montres molles, peint en 1931, ou encore son Christ de St Jean de la Croix représentant la crucifixion vue d’en haut, de 1951, sont sans nul doute les tableaux les plus célèbres de Salvador Dalí, au moins autant que ses moustaches si caractéristiques !

Surréaliste narcissique

L’homme naît à Figueras en 1904. Un an à peine avant sa naissance, un frère portant le premier le prénom Salvador – en plus du père -, meurt à l’âge de deux ans. Le Salvador que l’on connaît se verra toujours comme un double de son aîné, qui n’était autre selon lui qu’«un premier essai de lui-même»

L’âge d’or de la peinture de Dalí est généralement situé entre 1928 et 1932. Ami de Federico Garcia Lorca, de Luis Buñuel et de Joan Miró, le jeune catalan de 24 ans, encouragé par ce dernier, a rejoint Paris et le quartier de Montparnasse. Là, ses contemporains, notamment André Breton, le surnomment « Avida Dollars » (anagramme de son nom).
Influencé très jeune par l’impressionnisme, il trouve son propre style à cette époque et devient un artiste surréaliste à part entière, mouvement dont il deviendra l’un des principaux représentants.
C’est à Paris également qu’il rencontre sa future femme Gala, alors mariée à Paul Eluard. Elle sera le seul et unique modèle de ses tableaux.

Les thèmes chers à Dalí sont le rêve, la sexualité, la religion, le comestible et sa femme. Artiste très imaginatif, il manifeste une nette tendance au narcissisme et à la mégalomanie.
«Vous savez quelles sont les deux choses les plus heureuses qui puissent arriver à un peintre contemporain ? Primo: être Espagnol et secundo: s’appeler Dalí. Elles me sont arrivées toutes les deux.» Et de poursuivre: «Je crois que tout le macro-cosmos existe uniquement pour qu’il y ait la vie sur terre, et sur cette terre, Dalí.»

(Auto-) Célébrations de Salvador Dalí

Surréaliste dans sa nature propre, Dalí l’est dans la peinture mais aussi dans tous les domaines qu’il touche: la sculpture , la gravure, l’écriture, le cinéma (il collaborera avec Roy Disney, neveu de Walt, avec Luis Buñuel ou encore avec Alfred Hitchcock)…
Deux musées dans le monde, saluent son génie. L’un en Floride aux Etats-Unis, le Salvador Dalí Museum, l’autre à Figueras en Catalogne, le Théâtre-Musée Dalí. Chose rare, ils sont tous deux ouverts de son vivant. Mieux, le deuxième est une oeuvre surréaliste à part entière, conçue par lui !
A cela s’ajoute un fabuleux hommage rendu à l’artiste par le Centre Georges Pompidou à Paris, en 1979. Le musée expose alors 169 peintures et 219 dessins, gravures et objets de l’artiste. On peut ainsi y admirer une Citroën suspendue au plafond avec une botifarra (saucisse catalane), une cuillère de 32 mètres de long et de l’eau coulant dans le radiateur de la voiture…

L’année suivante, Dalí arrête la peinture définitivement, montrant des premiers signes de la maladie de Parkinson. Gala meurt le 10 juin 1982. Alors qu’il vit dans son théâtre-musée, en 1988, il est hospitalisé après un malaise cardiaque. Il reçoit la visite du roi d’Espagne Juan Carlos. Dalí meurt le 23 janvier 1989, à l’âge de 84 ans.
Enterré dans la crypte de son musée de Figueras, il sera exhumé en 2017 pour des prélèvements ADN. Celui qui avait lui-même mis en scène son exhumation n’aurait, dit-on, pas été choqué par cette affaire…

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