17 janvier… 1991 – Opération «Tempête du désert» contre l’Irak de Saddam Hussein

Pour venir en aide au Koweit, envahi par l’Irak de Saddam Hussein, une coalition internationale menée par les Etats-Unis lance, le 17 janvier 1991, l’opération «Tempête du désert».

Avions de l’US Air Force de la 4e escadre de chasse (F-16F15) volant au-dessus de puits de pétrole koweïtiens en feu, incendiés par les forces irakiennes lors de leur retraite. ©US Air Force — Source. Domaine public

Point culminant de la seconde Guerre du Golfe (qui tient son nom du fait qu’elle se déroule sur les bords du Golfe Persique), l’opération Tempête du désert tire son origine de la première qui a opposé pendant huit ans, l’Iran de l’ayatollah Khomeiny à l’Irak de Saddam Hussein. Ce dernier, craignant une contagion de l’intégrisme chez les musulmans chiites de son propre pays, a en effet attaqué l’Iran islamique.
Cette première guerre du Golfe n’a eu d’autre résultat que celui de relancer le conflit pluriséculaire entre Perses et Arabes, entre chiites et sunnites. Car quand le conflit se termine en 1988, c’est un retour au statu quo ante bellum. A ceci près que, d’un côté, la République islamique d’Iran est plus unie que jamais et de l’autre, la dictature de Saddam Hussein, se durcit.

Le Koweit en ligne de mire

Ce dernier massacre les chiites du Sud irakien, favorables à leurs coreligionnaires iraniens. Il met aussi au pas les montagnards kurdes du Nord, qui ne cessent de se battre entre eux.
Puis, Saddam Hussein porte son regard sur le Koweit.

Les raisons qui motivent le dictateur irakien à envahir le Koweit sont multiples:

  • d’une part, l’émirat a augmenté de 20% sa production de pétrole, rompant ainsi la solidarité entre les pays exportateurs. Cette augmentation entraîne la chute des cours, pour le grand bonheur des pays occidentaux. Mais l’Irak de son côté, perd les deux tiers de ses recettes pétrolières.
  • l’émir du Koweit Jaber al-Sabah, refuse d’annuler la dette de 15 milliards de dollars contractée par l’Irak pour financer sa guerre contre l’Iran.
  • le Koweit faisait partie de l’Irak avant que les Britanniques ne l’en détachent, en 1932.

L’invasion est ordonnée le 2 août 1990.
En Occident, on craint alors un déséquilibre du marché du pétrole.
Les Etats-Unis plus spécifiquement, tirent parti de la situation: désireux de s’implanter durablement au Proche-Orient, ils installent une base militaire au milieu des champs pétrolifères du Golfe Persique en prétextant vouloir soutenir l’Arabie Saoudite contre les menaces d’invasion irakienne.

L’Occident au Proche-Orient

Déterminés à défendre les intérêts économiques occidentaux, les Etats-Unis du président George Bush et du chef d’Etat-Major Colin Powell convainquent 28 pays de s’engager dans la guerre à leur côté.
La coalition internationale mobilise ainsi 605 000 hommes, dont une moitié d’Américains. Face à eux, 540 000 Irakiens, mal commandés et sans motivation.
Le 17 janvier 1991, dans ce qui constitue la première phase de l’opération Tempête du désert, des bombardements alliés illuminent le ciel de Bagdad. Le 27 février, c’est le début de l’offensive terrestre. Le 28, Saddam Hussein se résout à un cessez-le-feu.

Dans les mois qui suivent la Guerre du Golfe, certains champs pétrolifères continuent de brûler. En Irak, les Kurdes profitent de la défaite de leur pays pour s’insurger contre leur dictateur. La répression de Saddam Hussein sera sanglante. Repoussé à l’intérieur de ses frontières, ce dernier n’a pas pour autant été renversé par les Etats-Unis. Il faudra attendre 2003 pour cela, sous la présidence de George W. Bush.

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