14 janvier… 1930 – La ligne Maginot est votée à l’Assemblée

Alors qu’il est ministre de la Guerre, le député André Maginot propose une loi visant à fortifier les frontières orientales de la France. L’objectif étant d’anticiper la possibilité d’une nouvelle guerre des tranchées avec l’Allemagne, cette loi est approuvée, le 14 janvier 1930, par la grande majorité politique et militaire.

L’horreur de la Grande Guerre, qui s’est achevée douze ans auparavant, est encore fraîche dans l’esprit de nombreux soldats. Dans celui d’André Maginot du moins, qui a fini la guerre en 1918 avec le grade de sergent et la médaille militaire. Ses états de service sont tels qu’aucun parlementaire n’ose rien lui opposer quand il s’agit de la patrie. C’est à lui d’ailleurs que l’on doit le transfert du soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe, en 1920.

Une ligne de défense, au cas où

En 1930, André Maginot souhaite prémunir la nation d’une deuxième guerre des tranchées avec l’Allemagne. Reprenant donc une suggestion de Paul Painlevé émise en 1925, le député propose de fortifier les frontières orientales du pays. Approuvé par le plus grand nombre à l’Assemblée, il obtient un crédit de 3,3 milliards de francs.

Le chantier est le plus grand jamais entrepris. Il mobilise près de 20 000 ouvriers. Il s’agit d’un réseau de fortifications semi-enterrées ponctué de quelques centaines d’abris souterrains (casemates) et d’observatoires isolés. Une cinquantaine de gros ouvrages équipés d’artillerie le composent aussi. C’est une construction purement défensive, contrairement à la ligne Siegfried, construite par les Allemands de l’autre côté de la frontière, dès 1937.

Les Ardennes, talon d’Achille de la ligne Maginot

La ligne fortifiée, dont André Maginot ne verra jamais l’aboutissement puisqu’il meurt de la typhoïde en 1932, débute sur les bords de la Méditerranée. Les fortifications s’égrènent jusqu’à la frontière belge. Dans le massif des Ardennes, elles sont néanmoins nettement plus légères. D’une part car ce massif est jugé infranchissable par le haut commandement français; d’autre part parce que les Belges refusent cette ligne le long de leur territoire, de peur d’être sacrifiés en cas de nouveau conflit entre la France et l’Allemagne.
En définitive, les plus gros ouvrages ne sont positionnés que sur 140 km de la frontière nord-est, longue de 760 km entre la mer du Nord et la Suisse.

Lorsque la guerre éclate en 1939, la ligne qui porte désormais le nom de son initiateur, remplit sa fonction. De septembre 1939 à juin 1940, plus de 20 000 obus sont ainsi tirés depuis le fort de Schoenenbourg, au nord de l’Alsace. Les soldats français qui y sont positionnés refusent de se rendre jusqu’au 1er juillet, huit jours après la signature de l’armistice.
L’armée allemande profite en revanche des faiblesses de la ligne Maginot dans les Ardennes. C’est par là qu’elle envahit la France…

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