4 janvier… 1809 – Naissance de Louis Braille

A l’évocation de son nom, impossible de ne pas penser «aveugle». Et pour cause : Louis Braille a donné son nom à une écriture révolutionnaire, permettant aux personnes atteintes de cécité de lire et écrire facilement. Lui-même devenu non-voyant dix ans après sa naissance le 4 janvier 1809, il a éprouvé le premier sa méthode.

Louis Braille. ©Auteur inconnu / Wikimedia Commons. Domaine public

A l’origine, avec Valentin Haüy

Louis Braille naît à Coupvray en Seine-et-Marne. En 1819, il est victime d’un accident dans l’atelier de bourrelier de son père. Il entre alors à l’Institution Royale des Jeunes Aveugles, fondée en 1786 par Valentin Haüy.
Là, Louis Braille pratique la méthode élaborée en 1784 par ce dernier, la toute première qui permet aux personnes aveugles de lire et écrire, en vérité.
A cette époque, Valentin Haüy avait constaté chez un non-voyant du nom de François Lesueur, que son sens du toucher était très développé. Ambitionnant de lui apprendre à lire, il eut l’idée de gaufrer des feuilles de papier cartonné avec des lettres romaines de forme ordinaire mais de taille supérieure. Ainsi, en passant les doigts dessus, son premier élève put-il décrypter un texte mais aussi composer des phrases…

Si, 35 ans après sa création, cette méthode permet à Louis Braille de poursuivre son éducation, elle n’en reste pas moins très encombrante et peu pratique.

De l’écriture nocturne au braille

Deux ans après, il découvre une autre invention: l’écriture nocturne, élaborée par Charles Barbier de La Serre.
Aussi surnommé «écriture de nuit» ou sonographie, ce procédé permet de transcrire des sons constitués de 36 signes en points saillants pour marquer le relief et placés sur une grille de 2×6 points.

Cette méthode a néanmoins ses limites:
– elle n’inclut pas la ponctuation, les notes de musique, les chiffres, etc.;
– la grille de 2×6 points est beaucoup trop haute pour la lire en une fois avec un seul doigt;
– il y a gaspillage d’information : deux grilles ensemble offrent quantité de combinaisons et donc de signes, possibles.

Louis Braille va dès lors s’atteler à perfectionner l’écriture nocturne de Barbier.

Ainsi, en 1827, il propose un alphabet inspiré de celui des voyants.
Il a réduit la taille des grilles à 2×3 points, intégré les chiffres et la ponctuation, de même que les majuscules et autres indications venant s’ajouter devant le signe concerné.

Ainsi, un « A » majuscule est composé de deux grilles : la grille « Maj. » avec 2 points suivie de la grille du « a ». De même, un mot en italique est précédé… de la grille « Ital. »

En 1837, Louis Braille enrichit encore le procédé avec un système de notation pour la musique.

Treize ans après, le 6 janvier 1852, l’inventeur âgé de tout juste 43 ans meurt de tuberculose. Un siècle après, le 22 juin 1952, Louis Braille entre au Panthéon. Sans ses mains cependant, restées inhumées dans son village natal…
Son invention, à laquelle il a donné son nom, lui survivra longtemps puisqu’elle est toujours en vigueur aujourd’hui et utilisée dans le monde entier. La maison de son enfance à Coupvray, transformée en musée en 1956, retrace sa courte mais non moins précieuse existence.

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