3 janvier… 2019 – Les Chinois passent du côté obscur de la Lune

Dans l’histoire de la conquête spatiale chinoise, le 3 janvier 2019 est à marquer d’une pierre blanche. Ce jour-là en effet, la Chine cesse d’être un éternel suiveur en effectuant à son tour une première : se poser sur la face cachée de la Lune.

Moon seen from space. Bright textured surface. Massive CG graphics created using particle system. Made with element 3D plugin, hi-res maps and shaders are included. Texture of gray planet (moon): https://www.solarsystemscope.com/textures/download/8k_moon.jpg, bright map of the surface: https://www.solarsystemscope.com/textures/download/8k_earth_nightmap.jpg

L’URSS avait bien pris une photo de la face cachée de notre satellite naturel, en 1959.
Celle-ci est néanmoins toujours restée inexplorée. 60 ans plus tard, c’est chose faite par les Chinois, avec l’alunissage réussi de la sonde Chang’E-4 et la ballade du petit rover qu’elle transportait.

Cet exploit spatial nécessite un petit rappel de base :

La Lune tourne sur elle-même à la même vitesse qu’elle tourne autour de la Terre. En 27 jours et 6 heures. Si elle tournait plus vite sur elle-même qu’elle ne tourne autour de la Terre, elle montrerait toutes ses faces. Mais sa rotation étant égale à sa révolution (c’est d’ailleurs le cas pour toutes les lunes du système solaire), elle nous montre toujours son même visage.

La Lune, premier obstacle à contourner

Le visage caché de la Lune, lui, est un territoire particulièrement hostile, au relief rugueux et aux cratères profonds.
Pour l’explorer, il faut dépasser un obstacle : la Lune elle-même. En effet, notre satellite naturel s’interpose entre la Terre et toute sonde posée dans son dos, rendant la communication radio directe impossible entre les deux.
La CNSA (agence spatiale chinoise) a donc envoyé en mai 2018 un relais de communication à 65 000 km derrière la Lune. La mission du satellite Queqiao : capter les émissions de la sonde Chang’E-4 une fois posée et les renvoyer vers la Terre.

Explorer la Lune et écouter l’univers

Le 3 janvier 2019, à 10h26 (heure de Pékin), c’est chose faite! Chang’E-4 pose ses 4 pattes avec succès dans le cratère Von Kàrmàn – le plus grand cratère d’impact connu dans le système solaire. Quelques heures plus tard, un petit rover se détache et effectue un petit tour sur ce relief vierge de toute exploration humaine.
La sonde envoie à la Terre via Queqiao, des clichés à 360° impressionnants.
Chang’E-4 restera là un ou deux mois. Elle collectera de multiples données pour le besoin de 6 expériences scientifiques chinoises et 4 étrangères.
Le principal intérêt de cette mission est d’explorer l’univers, d’en capter les sons, et d’étudier bien sûr cet environnement lunaire inconnu.

Vers l’indépendance

S’agissant de la conquête spatiale, la Chine entre ainsi dans la cour des grands.
Jusqu’à présent, la puissance mondiale reproduisait des exploits réalisés par d’autres. Par cette prouesse de taille, elle affirme son indépendance dans l’exploration et la recherche spatiale.