2 janvier… 1963 – La guerre du Vietnam s’engage pour de bon

Dans le hameau d’Ap Bac, à 65 km au sud de Saigon dans le delta du Mekong, l’armée sud-vietnamienne et l’armée américaine tombent dans une embuscade tendue par les Vietcongs. La victoire de ces derniers marque le véritable début de la guerre du Vietnam qui ravagera le pays pendant douze ans.

This UH-1 gunship était l’un des cinq hélicoptères abattu pendant la bataille de Ap Bac. ©United States Army — From the Vietnam Aviation section of the US Army Transportation Museum website. Domaine public

Le 2 janvier 1963, alors qu’elle se dirigeait vers le hameau d’Ap Bac dans le but d’y neutraliser un émetteur radio, l’armée sud-vietnamienne subit une attaque des Vietcongs («communistes vietnamiens»). Arrivés en renfort, des hélicoptères américains sont neutralisés les uns après les autres.
Cette victoire des Vietcongs, qui appartiennent au Front national de libération du Vietnam du sud, marque le véritable début d’une guerre sanglante pour le pays.

A l’origine, la guerre d’Indochine…

Le conflit qui divise le Vietnam a déjà quelques années.
En 1954, le pays sort de huit ans de guerre d’Indochine contre la France. Avec les accords de Genève du 21 juillet, la Fédération Indochinoise – Laos, Vietnam et Cambodge -, gagne son indépendance. Ce conflit a fait plus de 500 000 victimes et divisé le Vietnam en deux.

Au Nord-Vietnam, le pays est pro-soviétique et donc communiste, dirigé par Ho Chi Minh. Au Sud, le président Ngo Dinh Diem mène une politique pro-occidentale. Mais, des communistes vietnamiens qui y résident, ont fondé un mouvement insurrectionnel d’opposition : le Front National de Libération du sud-Vietnam (FNL).

L’engagement des Etats-Unis dans le conflit

Face à cette menace et désireux de défendre les régimes pro-occidentaux en Asie, avant qu’ils ne s’effondrent les uns après les autres, le président américain Kennedy envoie dès 1961 quelques troupes déguisées en conseillers militaires, au Vietnam du Sud.
L’attaque de ces dernières le 2 janvier 1963 à Ap Bac mais surtout, l’attaque de deux destroyers américains dans le golfe de Tonkin le 2 août 1964, incitent le successeur de JFK, le président Johnson, à s’engager pleinement dans la guerre contre le Nord-Vietnam.
Entre temps, Diem a été renversé par une junte militaire, après qu’un moine bouddhiste s’est immolé par le feu à Saigon, le 11 juin 1963.

Dès le 7 janvier 1965, Américains et Vietnamiens commencent à bombarder le Nord. De nombreux marines combattants et non plus seulement des conseillers militaires, ont été mobilisés.
En 1968, s’ajoutent ainsi au million de soldats de l’armée sud-vietnamienne : plus de 500 000 Américains, 50 000 Sud-Coréens, 7500 Australiens, 500 Néo-Zélandais, 2000 Philippins et 8000 Thaïlandais.
Le Laos et le Cambodge entrent malgré eux dans le conflit. Sur les trois pays indochinois, c’est un déferlement de violence. Trois fois plus de bombes sont lâchées que pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais aussi du napalm et l’«agent orange», que l’US Air Force utilise pour détruire végétation, habitations et récoltes sur le long terme.

La riposte vietcong

En février 1968, les communistes vietnamiens ripostent massivement, via l’offensive du Têt. Les morts commencent alors à atteindre des chiffres records aussi du côté sud-vietnamien et américain. En Occident, la contestation monte contre cette deuxième guerre d’Indochine meurtrière. Le président Nixon, élu en novembre 1968, décide alors d’engager un retrait des troupes dès 1970. En 1973 sont conclus les accords de Paris. Les Etats-Unis s’engagent à retirer tous leurs soldats en deux mois et les Vietcongs à libérer leurs prisonniers américains.

La guerre se poursuit néanmoins, jusqu’à la chute de Saïgon le 30 avril 1975.
Le bilan est catastrophique. Le Vietnam, Nord et Sud confondus, ont perdu 3,8 millions de civils et militaires. A cela, s’ajoutent les blessés, mutilés de guerre et/ou victimes du napalm et de l’«agent orange». Les Etats-Unis comptent de leur côté, 58 000 morts.