29 décembre… 1675 – Les cafés anglais sont interdits par Charles II

Nés sous la République – la seule dans l’histoire de l’Angleterre – d’Oliver Cromwell, les cafés font partie intégrante du quotidien des Londoniens en 1675. Jusqu’au 29 décembre de cette année-là où le roi Charles II, par une proclamation officielle, les fait interdire.

Par George Woodward

En 1652, Pasqua Rosee, domestique arménien d’un commerçant britannique et grand amateur de café, ouvre un établissement invitant à déguster cette boisson originale.
Non alcoolisée – à l’opposé du vin et de la bière – et stimulante, elle remporte tout de suite un succès immédiat dans la République puritaine de Cromwell, où sobriété et efficacité dans le travail étaient encouragées.

Les cafés, générateurs de fake news ?

Ainsi, lorsque Charles II arrive au pouvoir en 1660, restaurant ainsi la monarchie, Londres compte une soixantaine de cafés, dans lesquels les Anglais socialisent, discutent, critiquent…
Et justement. Les sujets politiques n’étant pas exempts des débats, Charles II voit dans les coffee houses, des lieux où bouillonne l’opposition.
En 1675, il entreprend donc de les interdire en proclamant :

« Ils ont produit des effets très néfastes et dangereux […], car dans ces établissements […] se trament et se diffusent des informations fausses, malicieuses et scandaleuses, visant à diffamer le gouvernement de Sa Majesté et à altérer la paix et la tranquillité du royaume. [C’est pourquoi] Sa Majesté considère juste et nécessaire de fermer et de supprimer ces cafés… »

A cette annonce, les Londoniens s’indignent. Il faut dire que les cafés ont pris une large place dans le quotidien des Anglais, toutes classes et professions confondues. Les artisans y côtoient les lords, les voyous y rencontrent les écrivains, les hommes d’affaires y discutent avec les poètes… Chacun, pour le prix d’une tasse de café, est libre de participer aux discussions lancées. C’est pour cela d’ailleurs que les cafés ont gagné le surnom d’«universités à 1 penny»!

La solidarité face à l’autorité

Face à la réaction de ses sujets, Charles II cède du terrain : moyennant le versement de 500 livres et un serment d’allégeance à la Couronne, certains propriétaires de cafés peuvent rester ouverts six mois de plus ! Mais la solidarité de ces commerçants et de leur clientèle aura raison de l’autorité royale : peu cèderont à ce chantage et en définitive, aucun café ne fermera.

Onze ans plus tard, en 1686, c’est au tour de Paris d’ouvrir son premier café. L’initiative vient d’un Sicilien, Francesco Procopio dei Cotelli, qui a racheté une échoppe à des Arméniens qui vendaient du café à la foire Saint-Germain. Le lieu prend le nom de son propriétaire : le Procope. Les plus grands écrivains et philosophes s’y retrouveront au XVIIIe siècle, et « écriront » son histoire…

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