27 décembre… 537 – La basilique Sainte-Sophie est inaugurée à Constantinople

Redevenue une mosquée en juillet dernier, sur décision du président Erdogan, la basilique Sainte-Sophie renferme près de 1500 ans d’histoire, depuis son inauguration le 27 décembre 537 par l’empereur bysantin Justinien.

Erigée sur les décombres d’une église orthodoxe, la basilique Sainte Sagesse (en grec Haghia Sophia et à tort traduit en Sainte-Sophie en français) est inaugurée le 27 décembre 537. Elle est plus belle et plus resplendissante qu’aucune autre avant elle.

Un monument chrétien éblouissant

L’empereur romain d’Orient, Justinien, a souhaité un monument qui témoigne de sa gloire et de celle de Constantinople, sa nouvelle Rome. Il a laissé pour cela carte blanche à ses architectes.
Ces derniers ont donc vu grand. Ils vont jusqu’à prendre des marbres, des colonnes et des sculptures des temples antiques de Grèce et d’Egypte. 10 000 ouvriers oeuvrent pendant cinq ans, offrant en définitive une basilique d’une rare beauté.
Construite sur le plan rectangulaire des anciennes basiliques romaines, le monument éblouit en effet par ses proportions, ses ouvrages d’art et son sol de marbre. L’innovation tient surtout dans l’immense coupole qui culmine à 55 mètres de hauteur. La lumière pénètre dans l’enceinte par ses nombreuses ouvertures, dans la nef carrée de 90 mètres de côté.

Ainsi, le jour de l’inauguration, le 27 décembre 537, l’empereur Justinien organise de grandioses festivités. Devant la merveille, celui-ci s’exclame, faisant allusion au roi des Hébreux qui construisit le Temple de Jérusalem : «Je t’ai surpassé, ô Salomon!»

De Mehmed II à Erdogan

Dédiée à la Sainte Sagesse, la basilique ne sera jamais rebaptisée, quelque soit sa vocation.
Eglise chrétienne, le lieu devient en effet une mosquée dès la prise de Constantinople par les Turcs du sultan Mehmed II, en 1453. Ce dernier fait ainsi recouvrir de plâtre les riches mosaïques. Témoins de cette époque, les grands panneaux circulaires suspendus de calligraphie arabe. Egalement, un somptueux mihrab, qui indique la direction de la Mecque.

Puis, en 1934, le fondateur de la Turquie moderne, Mustafa Kemal Atatürk, transforme la mosquée Sainte Sagesse en musée. Les différents cultes y sont magnifiquement représentés.
«Sainte-Sophie est un chef d’œuvre architectural et un témoignage unique de la rencontre de l’Europe et de l’Asie au cours des siècles. Son statut de musée reflète l’universalité de son héritage et en fait un puissant symbole de dialogue», a rappelé récemment Audrey Azoulay, directrice générale de l’UNESCO.

Un monument cher à l’UNESCO

Cette dernière s’est en effet dit préoccupée par la reconversion de la basilique en mosquée, en juillet dernier. Cette décision a été prise par le président turc Erdogan. «[Elle] soulève la question de l’impact du changement de statut sur la valeur universelle du bien»… Et donc de sa place, acquise en 1985 dans la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

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