21 décembre… 1911 – La «bande à Bonnot» réalise le premier braquage motorisé

Il n’est pas 9 heures ce matin du 21 décembre quand un garçon de recettes de la Société Générale est braqué en pleine rue à Paris. Ses agresseurs, qui ne sont autres que la «bande à Bonnot» s’enfuient ensuite à bord d’une automobile. Du jamais vu!

Fiche de police de Jules Bonnot avec sa photo et la liste de ses méfaits
Fiche de Police de Jules Bonnot. ©Préfecture de Police — http://anarcoefemerides.balearweb.net/. Domaine public

Tôt ce matin du 21 décembre, devant le n°148 de la rue Ordener à Paris, un attroupement s’est formé. Ernest Caby, garçon de recettes pour la Société Générale, gît à terre sérieusement blessé.

Un braquage d’un genre inédit

Il venait de descendre du tramway, transportant des titres, de l’argent et du courrier, à destination de la succursale de la banque. Des braqueurs, qui se tenaient en embuscade attendant son arrivée, se sont jetés sur lui, l’ont touché par balles à la poitrine et dans la colonne vertébrale et lui ont arraché ce qu’il transportait. Ils se sont ensuite enfuis à bord d’une Delaunay-Belleville – ce qui se fait alors de mieux -, immatriculée 660-X.
Tandis qu’on transporte l’employé à l’hôpital Bichat, l’automobile fonce vers Dieppe. Volée, elle y sera abandonnée. C’est la première fois que des braqueurs s’équipent ainsi. L’événement va très vite encourager la police, jusque là à vélo ou à cheval, à faire de même !

La police traque, les banques s’équipent

Les Brigades du Tigre identifient rapidement la bande de braqueurs : le chef s’appelle Jules Bonnot. C’est un mécanicien auto anarchiste. Raymond Callemin et Octave Garnier l’accompagnent.
Dans les mois qui suivent l’attaque de la rue Ordener, la «bande à Bonnot» récidive à plusieurs reprises. La population s’affole et les banques, à commencer par la Société Générale, s’équipent contre les braquages : les garçons de recettes peuvent désormais porter un revolver s’ils le souhaitent. De même, ils voyagent à présent en camionnettes pourvues de coffres et de vitres blindées.

Le 28 avril 1912, la police stoppe enfin les braqueurs dans leur élan. A Choisy-le-Roi, Jules Bonnot est tué et les autres sont faits prisonniers. Ils seront guillotinés devant la prison de la Santé un an après, le 21 avril 1913. Eugène Dieudonné, un Parisien anarchiste qui les connaissait bien, est lui aussi arrêté. Les accusés ont beau soutenir qu’il n’est pas de la bande et n’a pas participé au braquage de la rue Ordener, il est condamné à mort également, avant de voir sa peine commuée en bagne à perpétuité. Transféré en Guyane, il sera libéré grâce aux campagnes sans relâche d’Albert Londres pour sa libération.