18 décembre… 1737 – Mort du luthier Stradivarius

Antonio Stradivari, plus connu sous son nom latinisé « Stradivarius« , s’éteint dans sa ville natale de Crémone en Italie, le 18 décembre 1737. Il était âgé de 93 ans. Le luthier laisse derrière lui un héritage précieux, et de nombreuses interrogations sur la rare qualité de ses violons.

Oeuvre picturale représentant Stradivari dans son atelier, en train d'examiner un violon.
Antonio Stradivari examinant un instrument. ©Auteur inconnu — Oberndorfer, Anne Faulkner (1921). Domaine public

La légende de Stradivarius

Nul besoin d’être musicien pour connaître le nom de Stradivarius.
Le luthier a fabriqué des instruments à cordes de toutes sortes : violoncelles, harpes, guitares, altos… Mais ce sont ses violons qui ont forgé sa réputation et lui valent d’être toujours aussi célèbre aujourd’hui.

De tout temps en effet, les violonistes les plus aguerris s’accordent à dire que les « stradivarius » offrent une qualité de son unique par sa puissance, sa clarté, son expressivité…
Cette singularité provient-elle de la densité du bois utilisé ? du vernis rouge qui le recouvre ? de la forme de l’instrument ?… Stradivari a emporté avec lui son secret de fabrication, que des spécialistes s’efforcent encore de percer, 300 ans après.

Des violons relevant de la perfection

Né en 1644 à Crémone, ville des luthiers par excellence, Antonio Stradivari se forme à l’atelier de Niccolò Amati, de 1666 à 1679. Ce dernier est le descendant d’Andrea Amati qui aurait inventé le violon vers 1560 en développant une variante de la viole médiévale.
Durant toutes ces années, Stradivari évolue dans l’ombre de Niccolò.
Mais la mort de celui-ci, en 1684, va permettre au luthier de faire connaître son propre travail et très vite, d’acquérir une renommée mondiale. Il latinise alors son nom en « Stradivarius » et en fait sa marque.

Le luthier ne voyage pas beaucoup. Il est artisan, pas aventurier. C’est donc le monde qui vient à lui. Stradivari est sollicité par les plus grandes cours européennes, et des musiciens comme Vivaldi ou Corelli lui rendent visite.

Une référence à prix d’or

Dès 1710 et jusqu’à la fin des années 1730, le luthier, référence absolue de la fabrication des instruments à cordes, vit son âge d’or.
Père de 11 enfants, il en forme plusieurs à son métier.
Il conçoit à cette époque quelques pièces rares : le Betts en 1704, le Viotti en 1709, le Vieuxtemps en 1710, le Dauphin en 1714 ou encore le Alard en 1715, le meilleur…

Pour leur qualité en premier lieu mais aussi pour leur histoire, leur ancienneté et leur rareté, les violons Stradivarius sont aujourd’hui parmi les plus prisés donc les plus chers du monde.
En effet, quand un violon moyen se vend environ 1200 euros, ceux du luthier atteignent des sommes exorbitantes, allant de 1,5 million d’euros à 13 millions…
Et que dire du violon Messie ? Considéré comme le plus abouti des violons fabriqués par Stradivari, il n’a jamais servi. Conservé au Ashmolean Museum à Oxford, sa valeur est estimée à… 17 millions d’euros !

A sa mort le 18 décembre 1737 à l’âge de 93 ans, Antonio Stradivari laisse ainsi une collection de près de 1100 instruments. Il en reste aujourd’hui environ 650 dont près de 550 sont des violons. Ils sont soigneusement préservés à travers le monde et mis de temps à autre, entre les mains de virtuoses…