17 décembre… 1837 – Un incendie ravage le Palais d’Hiver à St-Pétersbourg

Alors que le froid est déjà bien installé sur St-Pétersbourg, un incendie se déclare dans le Palais d’Hiver. Les efforts entrepris pour l’éteindre sont colossaux et les dégâts phénoménaux.

Peinture de Vernet décrivant le Palais d'HIver en proie aux flammes.
Incendie du Palais d’Hiver. ©Pierre Marie Joseph Vernet (1797-1873). Domaine public

Ce soir du 17 décembre 1837, l’hiver n’est pas encore arrivé qu’il fait déjà rage sur la « Venise du Nord ». Les températures sont négatives et la neige a recouvert la ville. Dans le Palais d’Hiver, tous les poêles chauffent à pleine puissance. Est-ce cela qui va provoquer l’incendie ? L’hypothèse, jamais prouvée, est plus que plausible…

Les oeuvres d’art jetées par les fenêtres

Les premières flammes apparaissent dans la salle Pierre Ier.
Elle ne tardent pas à se propager, facilitées par de nombreux réaménagements effectués dans l’urgence cinq ans auparavant, en bois et non en pierre.
Le Palais d’Hiver, dont la construction remonte au règne de la tsarine Elisabeth moins d’un siècle auparavant, compte plus de 1000 pièces, une centaine d’escaliers et près de 2000 fenêtres.
Il regorge de trésors (peintures, ornements, meubles…). Si tout ne peut être sauvé, une large majorité est néanmoins épargnée par les flammes grâce à la réactivité des occupants. Faute de temps, ils jettent en effet littéralement le mobilier et les tableaux par les fenêtres, dans la neige!

Aux grands maux les grands remèdes

Si l’immense collection d’art de la tsarine Catherine II, créée avec l’aide de l’écrivain et philosophe français Denis Diderot, est sauve, il n’en est pas de même pour le Palais lui-même…
6000 pompiers et plus de soldats encore se mobilisent sur le lieu du drame. Il faut à tout ce petit monde plus de 30 heures pour venir à bout de l’immense brasier, en pompant l’eau de la Neva que longe le palais. En pleine nuit, celui-ci éclaire d’un rouge orangé la ville de St-Pétersbourg.

Une fois éteint, l’incendie n’a pas laissé grand-chose debout. Les étages sont en cendres.
Le Tsar Nicolas Ier ordonne aussitôt de le reconstruire. Ignorant l’ampleur des travaux, il fixe le délai à un an. Le marquis de Custine, auteur français de La Russie en 1839, évoque ce monumental chantier et les «efforts inouïs» qui y ont été déployés.

«Pendant les grandes gelées, on employa continuellement 6000 ouvriers, dont un nombre considérable mourut chaque jour, mais les victimes furent immédiatement remplacées par d’autres champions amenés à périr.»

Finalement, le Palais d’Hiver, aujourd’hui musée de l’Ermitage, ressortira de terre en 18 mois !
L’incendie de St-Pétersbourg n’en marque pas moins la Russie, 25 ans après celui de Moscou lors de la campagne de Napoléon Ier