7 décembre… 1936 – Jean Mermoz décolle pour le Brésil

Jean Mermoz, jeune pionnier de l’aviation de 34 ans, décolle de Dakar au Sénégal ce 7 décembre direction la pointe est du Brésil. Avec 4 membres d’équipage, il doit effectuer une liaison postale transatlantique, la 24e de sa carrière de pilote. Et aussi la dernière…

«Le moteur arrière droit doit être stoppé». Ce message est envoyé par l’équipage de Mermoz à 10h43, lundi 7 décembre 1936. Après cela, silence radio.
Jean Mermoz, chef de bord, le second pilote Alexandre Pichodou, le chef mécanicien Jean Lavidalie, Henri Ezan le navigateur et Edgar Cruveilher, radiotélégraphiste, ont décollé à bord d’un hydravion Laté 300, surnommé La Croix-du-Sud, un peu avant 7h du matin.

La 24e liaison transatlantique de Mermoz

Ils rallient Natal, à l’extrême est du Brésil, depuis Dakar au Sénégal. Ils sont tous des habitués de cette ligne aéropostale au-dessus de l’Atlantique Sud. Mermoz l’a lui même inaugurée, en mai 1930.
Les conditions météorologiques sont clémentes pour ce 24e voyage vers l’Amérique. Mais vers 10h40, à environ 800 km des côtes africaines, l’équipage indique avoir un problème avec l’un de ses quatre moteurs. Ce sont les dernières nouvelles qu’il donnera.

Le silence des cinq hommes plonge alors la France dans l’angoisse durant près de cinq jours. Mermoz est connu de tous par ses exploits et son amour de l’aviation.
Il a survécu à des situations bien plus invraisemblables que la panne d’un moteur sur quatre. Il cumule 8200 heures de vol.
Son intelligence, sa volonté, sa puissance de caractère sont des qualités que ses amis et collègues lui reconnaissent à l’unanimité. Personne ne croit donc à la mort du jeune et bel « Archange », ainsi qu’on le surnomme, qui doit fêter ses 35 ans le 9 décembre.

La légende de l’Archange est née

Les heures passant, les chances de retrouver le pilote et son équipage se font de plus en plus minces. Paquebots, navires de commerce et «même un hydravion allemand» sillonnent sans relâche la zone où La Croix-du-Sud doit se trouver. Jusqu’au 11 décembre où, bien que les recherches continuent, la Compagnie Air France se résigne à avoir perdu cinq de ses meilleurs éléments.
Après un regain d’espoir dans la soirée – deux dépêches erronées venant de Rio annoncent la découverte de l’avion -, tous les pavillons de la flotte sont mis en berne.

Le 30 décembre, des funérailles nationales sont organisées pour les cinq compagnons de l’air, aux Invalides. Le ministre de l’Air Pierre Cot prononce un hommage:

«La France entière est en deuil, il n’y a pas un village, pas un foyer qui n’ait été plongé, par la disparition de La Croix-du-Sud, dans l’angoisse puis dans la peine. La douleur du peuple, mieux que les honneurs officiels, sacre les héros et confère à leur gloire une auréole nationale…»

Et, parlant de Jean Mermoz, qu’il contribue ainsi à ériger en légende :

«Commandeur de la Légion d’honneur, pilote de la Compagnie Air France, sublime figure d’aviateur, d’une valeur morale et professionnelle hors pair. Créateur, aux prix d’efforts surhumains, de l’aviation commerciale transocéanique. A fait de son nom un symbole et de sa carrière une longue suite d’exploits. Allant jusqu’au bout de toute entreprise, envisageant la mort avec sérénité. A mérité l’admiration générale par la grandeur de ses actes»