5 décembre… 1484 – Lancement de la chasse aux sorcières par Innocent VIII

Par une bulle papale promulguée le 4 décembre 1484, le pape Innocent VIII invoque le lancement de la chasse aux sorcières, dès le 5. Celle-ci va durer près de deux siècles et faire des dizaines de milliers de victimes…

Vous êtes très belle ? plutôt autonome ? trop croyante ? de nature discrète ? ou au contraire, trop exubérante ?… En fait, peu importe la raison. Sachez que, sans le savoir, vous êtes potentiellement un suppôt de Satan ! Si vous vivez aux XVe, XVIe et XVIIe siècles, du moins…

Femme, donc sorcière…

En effet, pas ou peu de règles ont été établies au lancement de la chasse aux sorcières par Innocent VIII, le 4 décembre 1484. Sa bulle papale, «Summis desiderantes affectibus» (Désireux d’ardeur suprême) encourage tout bonnement la délation et la répression.
Elle reprend en effet les délires nourris par les inquisiteurs des décennies précédentes sur les prétendus rituels de sorcellerie pratiqués par «maintes personnes de l’un et l’autre sexe». Jeanne d’Arc en a d’ailleurs fait les frais en 1431. Cinquante ans après sa mort et bien qu’elle ait été réhabilitée en 1456, ce sont toujours les femmes, êtres faibles et donc plus facilement influençables que les hommes par Satan, qui sont le plus visées.

Dès lors, au moindre soupçon, celles-ci sont arrêtées et torturées. Puis, si elles n’ont pas déjà succombé sous la torture, jugées coupables par un tribunal religieux et pendues ou brûlées vives.

La montée en puissance

La fin du XVème siècle n’est que le début d’un long et virulent combat de l’Eglise contre les suppôts de Satan et ses disciples, féminins surtout.
Les historiens s’accordent en effet sur les véritables objectifs de la chasse aux sorcières :

  • soumettre le petit peuple, pauvre et souvent victime de famine et de maladies. Prompt de fait à la révolte, mais très croyant et superstitieux, il est tenu en respect par la crainte d’être touché par le diable.
  • remettre les femmes à la place qu’elles méritent, c’est-à-dire au plus bas de l’échelle de la condition humaine.

En 1486, deux prédicateurs publient un guide de répression de la sorcellerie, le Malleus melficarum qui vise surtout les femmes.
Un siècle plus tard, en 1580, ils inspireront Jean Bodin pour son traité De la démonomanie des sorciers.
La grande chasse aux sorcières, alors à son paroxysme, fera en soixante-dix ans, plus de victimes que l’Inquisition en quatre siècles.