Coupons de rationnement en partie découpés

1er décembre… 1949 – La France met fin aux tickets de rationnement

Neuf ans après leur instauration à l’automne 1940, les derniers tickets de rationnement disparaissent du quotidien des Français. Après plusieurs années de pénurie, le pays entre alors dans une ère d’abondance, surnommée les «Trente Glorieuses».

Tickets de rationnement français – J2, J3, T, denrées diverses, juillet 1944, régime de Vichy. ©Daniel*D — travail personnel, documents originaux scannés depuis collection personnelle. CC BY-SA 3.0

L’instauration du rationnement

A la fin de l’année 1940, les Allemands occupent la France.
Les nombreux combats sur une grande partie de l’Europe ont déjà mis à mal l’approvisionnement régulier des marchandises. Des cartes et des tickets de rationnement assurent donc aux civils le minimum nécessaire à leur survie.

Le système prévoit de fournir 1200 à 1800 calories par jour et par personne, selon l’âge, l’activité et le lieu de résidence. A Paris par exemple, un adulte peut acheter 275 grammes de pain par jour. Par semaine, il peut acquérir 100 grammes de matières grasses et 70 grammes de fromage. Par mois, 200 grammes de riz, 500 grammes de sucre et 250 grammes de pâtes. (cf. Les années noires 1940-1945 – L’obsession du rationnement)

La pénurie d’après-guerre

La France, libérée courant 1944, sort exsangue de la guerre. Ses campagnes sont ravagées, son industrie à l’arrêt, ses villes détruites. Quant à ses hommes, ils sont tués ou blessés pour la plupart, sinon trop âgés pour travailler.
En 1946 et 1947, la pénurie de l’immédiat après-guerre ravage le pays. En août 1947, «la ration de pain est à son plus bas niveau depuis 1940», explique Fabrice Grenard (La France du marché noir). Supprimée dès mai 1945, la « carte de pain » est rétablie au mois de décembre de la même année. Elle ne disparaîtra une bonne fois que le 1er février 1949.
Le système du rationnement est en effet le seul à assurer au mieux une répartition sensée et maîtrisée des ressources.

Les Etats-Unis au secours de l’Europe

Pour aider une Europe en ruines à se reconstruire, le général George C. Marshall, secrétaire d’Etat du président Harry Truman, propose une aide économique des Etats-Unis.
Le « plan Marshall » s’élève à 13 milliards de dollars. Dix-sept pays le signent le 3 avril 1948.
La Grande-Bretagne et la France se partagent à elles deux presque la moitié.

Très vite alors, une amélioration de la situation économique est ressentie. Suffisante en tous cas pour bannir enfin et pour de bon, les coupons des portes-monnaie.
Au 1er décembre 1949, le sucre, le café et l’essence ne sont ainsi plus rationnés.
Et au 31 décembre, comme le signe ultime que le rationnement ne reprendra pas ses droits, le Haut-commissariat du ravitaillement est supprimé.

Après neuf ans de pénurie, l’heure est à présent à la prospérité économique.
La France entre dans l’ère des «Trente Glorieuses».

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