25 novembre… 1944 – Le camp de Struthof est découvert par les Alliés

Alors que les Américains poursuivent la libération de la France de l’occupant allemand, ils découvrent l’horreur en Alsace, à l’automne 1944 : un camp de concentration au lieu dit Le Struthof, près de Strasbourg. Vide, le lieu se révèle néanmoins être une véritable machine d’extermination nazie. Une parmi tant d’autres…

23 novembre 1944. Les troupes américaines, la 1ère armée du général de Lattre de Tassigny et la 2ème DB du général Leclerc libèrent Strasbourg. C’est l’opération «Rhin et Danube».
Depuis leur débarquement respectif en Normandie le 6 juin et en Provence le 15 août, les troupes alliées ont avancé vers l’Est pour libérer la France et l’Europe.

Informés après reconnaissance aérienne de la région, de la présence de nombreux bâtiments au sud-ouest de Strasbourg, les Américains se rendent sur place.
En arrivant sur les lieux, au lieu-dit Le Struthof dans la commune de Natzweiler, l’évidence ne saute pas aux yeux. Il y a des barbelés tout autour, et des miradors. Il y a aussi des baraquements, des murs criblés de balles… Mais ce camp ne semble pas être tout à fait une prison.

L’antichambre de l’Enfer

Les GI’s vont plus avant dans leur investigation et découvrent entre autres, des fours crématoires. Là, ils prennent la mesure de leur trouvaille. Il s’agit là d’un camp de concentration nazi, le premier a être découvert par les Alliés.

Celui-ci est sorti de terre le 1er mai 1941, après l’annexion de l’Alsace par l’Allemagne en juin 1940. Le camp de Struthof doit son existence à la présence de granit rose dans la région, matériau de prestige aux yeux d’Hitler. 300 déportés communistes allemands et autrichiens, les premiers arrivés, ont eu à charge d’achever la construction du lieu. In fine, un camp principal et 70 camps annexes le composent, pouvant accueillir 2500 déportés.

En moins de quatre ans, 52 000 prisonniers de toutes nationalités passent par cette antichambre de l’Enfer. 22 000 y trouvent la mort.

Le dernier sursaut nazi

Quand les Américains arrivent au Struthof ce 25 novembre, le camp est désert.
De même, en plus d’avoir été vidé de ses occupants, il est étonnement propre et en ordre…
En réalité, les SS ont tâché de laisser le moins de preuves possible, dans le peu de temps qui leur était imparti.

En effet, le 1er septembre, les nazis apprenaient l’arrivée imminente des Alliés dans la région.
L’Inspection des camps de concentration donne alors l’ordre au commandant du Struthof, le SS-Sturmbannführer Fritz Harjenstein, d’évacuer les lieux.
6000 détenus y sont alors incarcérés. Pas question de leur permettre d’être libérés.
6 trains sont aussitôt mobilisés et transfèrent une majorité d’entre eux à Dachau les 2, 4 et 20 septembre.
Les derniers prisonniers quittent le Struthof avec les derniers SS, le 22 novembre.

Jusqu’à la fin de la guerre et après, les Alliés vont mettre à jour 42 500 sites nazis, entre la France et la Russie. Il s’agit de 30 000 camps de travaux forcés, 1150 ghettos juifs, 980 camps de concentration, 1000 camps de prisonniers de guerre, 500 bordels employant des esclaves sexuelles, et des milliers de camps destinés à euthanasier, avorter, « germaniser », etc.
Selon les estimations, entre 15 et 20 millions de personnes ont été emprisonnées sur l’ensemble de ces sites

Laisser un commentaire