24 novembre… 1883 – Apparition des poubelles dans Paris

Eugène Poubelle, préfet du département de la Seine, impose aux Parisiens, dès le 24 novembre 1883, l’usage de réceptacles fermés pour l’évacuation des déchets ménagers. L’objectif : en finir avec la crasse qui fait la mauvaise réputation de Paris, depuis le Moyen-Age…

Avant Poubelle, plusieurs tentatives

Le préfet n’est pas le premier à se frotter à l’épineux problème de la saleté parisienne. D’autres ont tenté bien avant lui de l’enrayer.

  • en 1131, le nouveau roi Louis VII le Jeune fait interdire les cochons dans les rues de Paris. Depuis des années, ceux-ci déambulent, nettoyant plus ou moins les artères, une cloche accrochée au cou, tout en générant de la crasse. Or, le 13 octobre de cette année-là, l’un d’eux se fait percuter par un cheval, causant la mort du cavalier. Ce dernier n’était autre que Philippe de France, frère aîné de Louis VII et héritier du trône.
  • Philippe Auguste fait paver les rues de la capitale en 1184. Il faudra quatre siècles pour tout achever.
  • en 1506, Louis XII instaure une « taxe des boues et des lanternes ». L’objectif : financer le nettoyage des ordures et l’éclairage des rues.
  • en 1539, François Ier impose des paniers dans lesquels les Parisiens sont tenus de déposer leurs déchets.

Une entreprise mal accueillie

En 1883, le nouveau règlement imposé par Eugène Poubelle est mal accepté par les Parisiens qui ne jouent pas le jeu. Le préfet, qui avait également mis en place le tri des ordures (déchets organiques, verre, faïence, coquilles d’huîtres, etc.), retire donc ce dernier dès le 7 mars 1884. Les réceptacles fermés eux, résisteront au flot de critiques.
En effet, la presse ne se prive pas de relayer le mécontentement général des Parisiens.
Un journaliste du Figaro taxe même ces réceptacles de «boîtes Poubelle».
Et voilà…

Ainsi baptisés, ces récipients vont très vite se généraliser aux autres villes de France. Ils vont ainsi changer le visage du pays et de sa capitale. Mais près d’un siècle et demi plus tard, celle-ci n’en aura toujours pas fini avec la question de la propreté.
En 2019 en effet, le quotidien britannique The Guardian a qualifié Paris de « ville la plus sale d’Europe ». Il est vrai qu’entre les tags, les trottinettes au milieu des trottoirs, les masques, les papiers, les chewing-gums et les mégots par terre, quand il ne s’agit pas des crottes de chien, il n’y a rien d’exagéré…

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