La Douleur et les Regrets d'Andromaque sur le corps d'Hector son mari, tableau de Jacques-Louis David, 1783. Musée du Louvre, Paris (France)

17 novembre… 1667 – Racine présente «Andromaque» à la Cour

«En l’appartement de la Reine», au château du Louvre, Jean Racine présente sa troisième tragédie, intitulée Andromaque. La pièce va remporter un grand succès.

A gauche : Page de titre d’une édition de la pièce en 1668. ©Racine — Bibliothèque nationale de France. Domaine public
A droite : La Douleur et les Regrets d’Andromaque sur le corps d’Hector son mari, tableau de Jacques-Louis David, 1783. Musée du Louvre, Paris (France). Domaine public

De L’Iliade à Andromaque

Pour cette troisième tragédie – après La Thébaïde et Alexandre le Grand -, Jean Racine s’est largement inspiré de L’Iliade, l’oeuvre d’Homère…
Après la guerre de Troie remportée par les Grecs, Andromaque, dont le mari et chef troyen Hector a été tué par Achille, est faite prisonnière par Pyrrhus, le fils de ce dernier et roi d’Epire.
Celui-ci tombe amoureux d’Andromaque et délaisse sa promise, Hermione.
La veuve d’Hector ne partage pas ses sentiments mais accepte de l’épouser pour protéger son fils Astyanax, d’Oreste, fils d’Agamemnon…

Pièce en cinq actes et en vers, Andromaque bouscule alors les codes du genre. En effet, elle se met à hauteur de ses spectateurs en évoquant les passions humaines de la sorte. Plus encore en évoquant l’amour à sens unique.

Interprétée par la troupe de l’hôtel de Bourgogne – l’un des plus grands théâtres parisiens de l’époque -, le rôle d’Andromaque est tenu par Thérèse Du Parc. L’illustre comédienne vient de quitter la troupe de Molière avec laquelle elle est restée quinze ans. La pièce reçoit un très bon accueil, confirmé dans La Gazette royale du 19 novembre :

«Leurs Majestés eurent le divertissement d’une fort belle tragédie, par la troupe royale, en l’appartement de la Reine, où étoient quantité de seigneurs et de dames de la Cour.»

Un Racine bien inspiré

S’il a tiré son sujet de plusieurs oeuvres de l’Antiquité – L’Iliade, mais aussi Enéide de Virgile, Andromaque d’Euripide… -, Jean Racine se serait aussi inspiré de personnes bien réelles pour certains personnages…
En effet, son héroïne Andromaque tiendrait à la fois du personnage de Virgile et d’Henriette de France, soeur de Louis XIII et tante de Louis XIV.

L’auteur aurait aussi puisé dans son propre tempérament pour les personnages d’Oreste et de Pyrrhus.
Dédiée alors à la cousine de Louis XIV et fille d’Henriette de France, Henriette d’Angleterre, la pièce Andromaque rencontre toujours et encore, plus de 350 ans après, un vif succès.
Elle est non seulement l’une des pièces les plus jouées par la Comédie-Française, mais aussi l’une des plus étudiées dans les lycées français !

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