13 novembre… 2015 – Des attentats d’une rare violence frappent Paris et Saint-Denis

Il y a cinq ans, un vendredi 13 comme aujourd’hui, la France plonge dans l’horreur. Dix mois après l’attentat qui a frappé la rédaction de Charlie Hebdo, huit mois avant celui du 14 Juillet à Nice, des terroristes frappent la capitale avec une violence jamais atteinte jusque là. Le bilan humain est catastrophique.

Hommages rendus après les attentats du 13 novembre, place de la République à Paris
Hommages après les attentats du 13 novembre 2015, place de la République à Paris.
©gerard.colombat / Flickr. CC BY 2.0

Un vendredi 13 comme les autres

C’est le week-end et comme tous les vendredis soirs, nombreux sont ceux qui sortent pour décompresser de leur semaine de travail. Ce 13 novembre au soir, il fait assez doux pour se poser en terrasse. C’est le cas à Paris du moins, notamment dans les 10e et 11e arrondissements de Paris, entre Nation, Bastille et République. Ce coin de la capitale est de tous temps très animé et les trottoirs des bars y sont souvent bondés.
Pendant que d’autres boivent un verre, les Eagles of Death Metal, un groupe de rock américain, donne un concert au Bataclan.
Dans le même temps, au Stade de France, un match amical s’ouvre entre la France et l’Allemagne. Le président de la République François Hollande, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve et le ministre allemand des Affaires Etrangères Franck-Walter Steinmeier y assistent.
C’est là que tout commence.

Un déferlement de violence

Au stade de France

Trois kamikazes sont déposés devant le stade par le terroriste Salah Abdeslam. Ce dernier sera le seul terroriste survivant des attaques de ce 13 novembre 2015.
A 21h20, 21h30 et 21h53, des explosions retentissent l’une après l’autre aux abords du stade.
Les joueurs, le public et même les téléspectateurs entendent les détonations. On croit à des pétards. Le match continue jusqu’à la fin. François Hollande lui, part à la mi-temps. Il a été alerté des événements qui se déroulent à ce moment-là hors du complexe. Ce premier attentat en Seine-Saint-Denis fait 1 mort et 11 blessés graves.

Sur les terrasses des cafés

Alors que le président quitte le stade, d’autres terroristes sèment la panique dans Paris…

A 21h25, trois hommes en voiture ouvrent le feu dans les rues Alibert et Bichat sur les personnes se trouvant aux terrasses du Carillon et du Petit Cambodge. Bilan : 13 morts et 10 blessés graves.
A 21h32, ils passent rue du Faubourg-du-Temple devant le Café Bonne Bière et rue Fontaine-au-Roi, devant le restaurant Casa Nostra. Bilan : 5 morts et 8 blessés graves.
A 21h36, ils attaquent La Belle Equipe, rue de Charonne. Bilan : 21 morts et 14 blessés graves.
A 21h43, au Comptoir Voltaire, boulevard Voltaire, Brahim Abdeslam déclenche le système explosif qu’il porte sur lui. Bilan : 2 blessés graves

Au Bataclan

Vers 21h40, la salle de concert est la cible de trois autres terroristes.
Après avoir pénétré par la force dans la salle de concert, ils tirent dans le tas.
L’intervention de la BAC, de la BRI, du GIGN et du RAID dure presque 3h jusqu’à ce que les derniers otages des djihadistes soient libérés. Le bilan fait état de 90 morts.

Au terme de cette seule soirée, 130 personnes ont été tuées, et 351 blessées.
Deux ans plus tard, le 19 novembre 2017, un survivant du massacre souffrant d’un violent stress post-traumatique, se donnera la mort.
Il est le 131e mort de ces attentats commis au nom de l’Etat islamique.

Un 13 novembre gravé dans les mémoires

Comme pour le 11-Septembre 2001, tout le monde se souvient de ce qu’il faisait au moment des attentats du 13-Novembre. Tandis que certains dormaient déjà, dînaient en toute sécurité ou suivaient les événements à la télé, d’autres attendaient cloîtrés dans des commerces proches des attaques, priant pour être épargnés. D’autres encore, assistaient les premiers blessés…
Quant aux survivants, sans doute préfèreraient-ils ne rien se rappeler…

Cinq ans après, cette haine à l’égard de la France (et pas que) et de sa liberté d’expression, est toujours bien présente. En témoigne le meurtre atroce du professeur de 47 ans, Samuel Paty, le 16 octobre dernier dans les Yvelines.