Notes de DostoÏevski pendant l'écriture de son roman «Les frères Karamazov»

8 novembre… 1880 – «Les Frères Karamazov», plus grande oeuvre de Dostoïevski, est publiée

Ils s’appellent Alexeï, Ivan et Dmitri Karamazov. Ils sont les héros de l’écrivain russe Fiodor Dostoïevski qui signe, en 1880, son oeuvre la plus aboutie. Depuis, Les Frères Karamazov figurent parmi les plus grandes oeuvres de la littérature mondiale.

Les notes de Dostoïevski pour le chapitre 5 des Frères Karamazov. ©Fiodor Dostoïevski. Domaine public

Un exposé de la société russe

Certains le lisent comme un roman, d’autres le perçoivent davantage comme un exposé.
Une mise en évidence de la société russe dans toute sa pluralité, à travers les personnages de l’histoire, des figures types aux caractères sensiblement différents.

Dans la famille Karamazov, il y a le père, Fiodor Karamazov. L’homme n’a aucun principe, il est vulgaire, libertin, impudique.
Il a un fils d’un premier mariage, Dmitri. C’est un ancien soldat, impétueux, tiraillé entre le vice et la vertu. Pour Dostoïevski, il est « l’homme russe » par excellence.
Dimitri a deux demi-frères, nés d’une seconde noce. Ivan, un intellectuel matérialiste et Alexeï, aussi appelé Aliocha, le plus mesuré des trois et homme de foi.

La vie des trois frères est bouleversée par l’assassinat du père, puis le procès de son meurtrier présumé, Dmitri…
Avant de se lancer dans cette intrigue, Dostoïevski a pris soin de dépeindre tour à tour chaque personnage. Il pose ainsi les bases de son récit, un reflet de la société dépeint à travers des thématiques comme Dieu, la morale et le libre-arbitre.

Influence et style littéraire

Fiodor Dostoïevski a de tout temps été un lecteur passionné.
Il lit et admire Balzac, Byron, Dickens, Victor Hugo, de même que des compatriotes comme Pouchkine et Gogol.
Il savoure aussi le drame tel que des auteurs comme Racine, Shakespeare, Molière le mettent en scène au théâtre.

Chez tous, il admire la vision éclectique du monde et ce talent à mettre en évidence ses forces, ses doutes, ses contradictions…
De fait, la philosophie, la religion ou encore la politique sont au coeur des réflexions de l’auteur. Dans ses romans, les personnages, toujours extrêmes dans leur façon d’être et de vivre, échangent, s’interrogent, critiquent…
Burlesque, tragique, romantisme ou encore cynisme sont autant de styles familiers à Dostoïevski qu’il entremêle habilement.

Dostoïevski, inspiré et inspirant

Pour Les Frères Karamazov, l’écrivain a aussi puisé ses idées dans l’histoire d’un forçat, Dmitri Ilinski, , injustement reconnu coupable de parricide.
Dostoïevski l’a rencontré au bagne d’Omsk (Sibérie) où il purgeait une peine de quatre ans de travaux forcés. L’écrivain avait en effet été arrêté en 1849 pour avoir fait partie du Cercle fouriériste de Mikhaïl Petrachevski, un révolutionnaire. Parlant de cet emprisonnement, Dostoïevski écrira : « Je n’ai pas perdu mon temps : j’ai appris à bien connaître le peuple russe, comme peut-être peu le connaissent. »

D’abord sous forme de feuilleton dans Le Messager russe, entre 1878 et 1880, l’oeuvre de Dostoïevski est un succès immédiat à sa publication en livre.
Tiré à 3000 exemplaires, Les Frères Karamazov est plébiscité dans le monde entier.
Du fait de la dimension psychologique des personnages, Freud considère l’ouvrage comme le «roman le plus important qu’on ait jamais écrit.»

Aujourd’hui, Les Frères Karamazov figure parmi les quelque chefs-d’oeuvre les plus précieux de la littérature mondiale.

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