3 novembre… 1839 – Vers une modernisation inédite de l’Empire Ottoman

Au début du XIXe siècle, l’Empire Ottoman a perdu de son autorité sur les peuples assujettis qui menacent de se révolter. L’urgence est à la modernisation, selon le jeune sultan Abdul-Mejid Ier. Il entreprend alors plusieurs réformes, qu’il inaugure le 3 novembre 1839 par une charte, le hatti chérif de Gulhané.

Portrait de Abdul-Mejid Ier, sultan ottoman (1836-1861)

Révoltes dans l’Empire Ottoman

Lorsque Abdul-Mejid Ier monte sur le trône en 1839, le contexte politique est plus qu’agité. Son père, le sultan Mahmoud II a lui-même lutté durant les dernières années de son règne pour préserver l’intégrité de son Empire. Celui-ci a en effet du faire face à des mouvements indépendantistes de la part des Serbes, des Grecs mais aussi et surtout de Mehmet Ali en Egypte.

Dans le même temps, Mahmoud II a dissout le corps des Janissaires, des soldats-esclaves qui constituaient l’élite de l’armée turque. Ces derniers n’étant plus commandés par le sultan, ils s’adonnaient à la débauche et aux intrigues politiques.
Mahmoud II en a fait exécuter pas moins de 7000 en un seul après-midi, le 16 juin 1826.

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Portrait de Abdul-Mejid Ier, sultan ottoman (1836-1861)

Bien que cette purge ait eu lieu 13 ans auparavant, elle contribue toujours à nourrir, en 1839, une soif de révolte et d’indépendance de part et d’autre de l’Empire.

Hatti chérif et Tanzimat

A 16 ans et depuis seulement quatre mois sur le trône, Abdul-Mejid Ier entreprend donc une véritable modernisation à l’occidentale. Il va opérer des changements notables dans la législation poussiéreuse de son empire.

Son père avait bien tenté déjà, mais sans succès, de rafraîchir les traditions en imposant les vêtements européens à la place des tenues traditionnelles. Il faudra attendre le règne de Mustafa Kemal Atatürk un siècle plus tard pour que les Turcs y consentent.

En attendant, Abdul-Mejid Ier entame une série de réformes de la Sublime Porte (gouvernement ottoman). Il l’inaugure par une charte, publiée le 3 novembre 1839.
Le Hatti Chérif (« Edit noble ») de Gulhané proclame l’égalité devant la loi de tous les sujets de l’Empire, quelque soit leur religion.
Cette charte va ainsi à l’encontre de la Loi coranique qui reléguait les non-musulmans au rang de citoyens de seconde zone et les soumettait à de lourdes taxes.
L’Edit pose également plusieurs règles générales pour la réforme de l’administration.

A partir de là, les réformes vont se succéder.
Cette période de « refonte » de l’Empire est connue sous le nom de Tanzimat, qui signifie « organisation ». Elle connaît son point d’orgue avec la promulgation de la Constitution ottomane de Midhat Pacha, le 23 décembre 1876.