28 octobre… 1886 – A New York, Auguste Bartholdi inaugure la Statue de la Liberté

Le 28 octobre 1886, La Liberté éclairant le monde ou Statue de la Liberté, est inaugurée à l’entrée du port de New York, sur l’île Bedloe.

La statue de la Liberté se dresse face à l'océan.
La Statue de la liberté sur l’île de Liberty Island au Sud de Manhattan, autochrome, c.1905. ©docpix.fr / Wikimedia Commons. Domaine public

Laboulaye et Bartholdi

Le monument est né d’une réflexion de deux hommes, Edouard Laboulaye, professeur de droit, et Auguste Bartholdi, sculpteur.
En 1866, un an après la fin de la Guerre de Sécession aux Etats-Unis, Edouard Laboulaye a l’idée de célébrer l’amitié franco-américaine par un monument. Il faudra attendre la fin du Second Empire et l’établissement de la IIIème République pour en reparler.

Ainsi, fin 1871, Laboulaye, qui est devenu député républicain, s’attèle à convaincre le gouvernement. Pendant ce temps, Auguste Bartholdi fait des repérages outre-Atlantique. Dans la rade de New York, il repère l’île Bedloe (rebaptisée Liberty Island en 1956). Ensuite, il rencontre le président Grant et d’autres figures politiques, pour leur parler du projet.

Le prix de la Liberté

Quatre ans sont encore passés sans que le projet n’intéresse vraiment.
En 1875 enfin, Laboulaye crée un Comité de l’Union franco-américaine destiné à lever des fonds.
La réalisation de La Liberté éclairant le monde est estimée à 250 000 dollars… Une somme que le député et Bartholdi ont imaginé trouver de chaque côté de l’océan Atlantique, auprès des peuples américains et français.

Aux Etats-Unis, l’architecte Richard Morris Hunt va se charger du piédestal. Pendant ce temps, Bartholdi s’attaque à la statue avec l’architecte Eugène Viollet-le-Duc, à Paris.
Ils en entament la fabrication dans les ateliers de la société Gaget, Gauthier et Cie.
Le monument qui doit mesurer au final 46 m de haut (93 avec le socle) mobilise 600 ouvriers.

Un bras ici, une tête par là

Au tout départ imaginée pour commémorer le centenaire de l’indépendance des Etats-Unis, en 1876, la statue ne sera pas prête à temps. Mais pour attirer les donations, Laboulaye et Bartholdi en présentent quand même des bribes à la population :
– en 1876, à l’Exposition universelle à Philadelphie, le bras droit tenant la torche fait sensation;
– en 1878, à celle de Paris, la tête de la Liberté fascine tout autant.
Le résultat escompté va au-delà des espérances des deux hommes : les donations affluent.

350 pièces dans 214 caisses

Moyennant encore l’aide financière considérable de Joseph Pulitzer pour le piédestal aux Etats-Unis, l’ensemble est finalisé vers avril 1886.
Viollet-le-Duc, décédé en 1879, a été remplacé par l’ingénieur déjà réputé Gustave Eiffel. Celui-ci a conçu une charpente métallique légère pour la statue, résistant aux vents violents.

Edouard Laboulaye non plus n’a pas survécu assez longtemps pour voir son projet terminé. Il est mort le 25 mai 1883.

Le 17 juin 1886, 350 pièces réparties dans 214 caisses arrivent par frégate à New York.
La structure pèse 100 tonnes, les plaques de cuivre 80.
Quatre mois après, le 28 octobre, la déesse romaine est inaugurée. Plusieurs répliques, plus petites, verront le jour à Paris et à travers le monde.
Fixant l’océan, elle s’apprête à accueillir les millions d’immigrés qui vont se succéder durant des décennies…

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