25 octobre… 1836 – Paris s’émerveille devant l’obélisque, place de la Concorde

Offert à la France par le vice-roi d’Egypte Mehmet Ali, un obélisque est érigé place de la Concorde à Paris. Ce 23 octobre 1836, la foule de même que le roi Louis-Philippe restent ébahis devant ce monument, venu tout droit du temple d’Amon, à Louxor.

«Erection de l’obélisque du Luxor, Le 25 octobre 1836». Source: Gallica / BnF

Il est sans nul doute le monument le plus ancien de Paris, importé du moins.
L’obélisque trône fièrement depuis près de 200 ans au centre de la place de la Concorde, en bas des Champs-Elysées.
Le monument, semblable à aucun autre, n’a pas eu de difficultés à se faire une place dans le paysage. Si bien qu’aujourd’hui, on le contourne sans presque y faire attention. Pour autant, la place de la Concorde ne saurait s’en passer. De même, le chapeau de bronze de l’obélisque dans lequel se réfléchit le soleil, est là pour nous le rappeler.

Un présent de l’Egypte à la France

Il ne s’agit pas d’un trophée rapporté par l’un de ses explorateurs ou conquérants, mais bien d’un cadeau de l’Egypte à la France, en remerciement de sa contribution à la modernisation du pays.

Le présent, deux obélisques du temple d’Amon à Louxor, a été offert il y a déjà dix ans par le vice-roi d’Egypte Mehmet Ali au roi Charles X. En 1826, les merveilles héritées des pharaons étaient tout juste médiatisées en France par Jean-François Champollion. L’égyptologue venait enfin de percer le mystère des hiéroglyphes. Il occupait le nouveau poste de conservateur des collections égyptiennes au Louvre.

Dix ans donc, entre la donation des obélisques et l’installation d’un seul en France…
C’est en effet le temps qu’il aura fallu pour en transporter un… Il faut dire que l’édifice de 22,84 mètres pèse près de 222 tonnes (240 avec son piédestal)…
L’entreprise aura été tellement fastidieuse qu’elle dissuadera la France de récupérer la deuxième partie du cadeau. Ce dernier est donc toujours à sa place initiale. Il a été officiellement rendu à l’Egypte par François Mitterrand, lors de son premier septennat.

Temple de Louxor – ©Neithsabes — Travail personnel / Wikimedia Commons. Domaine public

Le nouveau visage de la Concorde

L’obélisque arrive à Paris en décembre 1833.
Le roi des Français (et non roi de France, car choisi par le peuple), Louis-Philippe Ier, décide de faire ériger l’édifice place de la Concorde.
L’obélisque se tiendra ainsi à l’emplacement occupé du temps de Charles X par une statue équestre en hommage à Louis XVI. Le choix d’installer un monument totalement étranger à l’histoire nationale sur une place symbolique de la Révolution française, n’est pas anodin. Il s’agit d’éviter les querelles de mémoire et les tentatives d’appropriation du lieu.

Le 25 octobre 1836, Paris est en ébullition.
L’érection du monument est orchestrée par l’ingénieur Apollinaire Lebas qui a mobilisé des machines élévatrices et de gigantesques cabestans (treuils).
Louis-Philippe Ier, craignant l’échec de cette manipulation si délicate, s’est installé discrètement avec la famille royale aux fenêtres de l’Hôtel de la Marine.
Ce n’est qu’une fois l’obélisque dressé sur son socle que le roi sort sur le balcon et reçoit l’ovation de la foule.

Les Parisiens adoptent aussitôt le monument.
L’obélisque, soigneusement entretenu, ne connaîtra qu’une modification… Dès mai 1998, un pyramidion en bronze, pointu et étincelant, trône en son sommet.

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