24 octobre… 1931 – Condamnation du célèbre gangster Al Capone

On croirait la vie du gangster Al Capone inspirée des plus grands films de mafia et non l’inverse, tant la réalité dépasse la fiction ! Jusqu’au 24 octobre 1931 du moins, jour où le plus célèbre gangster des Etats-Unis est condamné à 17 ans de prison.

Portrait d'Al Capone assis, lors de son arrestation en 1930, dans les locaux de la police de Chicago.
Capone lors de son arrestation comme ennemi public n° 1 en 1930, photo prise dans les locaux de la police de Chicago. ©Chicago Bureau (Federal Bureau of Investigation) – Wide World Photos. Domaine public

En lisant la biographie d’Al Capone, des images de films tels que Le Parrain de Coppola, Casino de Scorsese, et bien sûr Les Incorruptibles de De Palma, fusent…
Et pour cause, si le dernier des trois s’inspire officiellement de la vie de l’ennemi public n°1 des années 20, les autres pourraient sans nul doute le prétendre également !

En effet, il n’y a rien dans la vie du gangster le plus célèbre de tous les temps, qui n’ait été emprunté par le 7ème Art…

Un profil parfait… ou presque

Alfonso Capone naît aux Etats-Unis en 1899. Ses parents originaires de Naples, sont arrivés cinq ans plus tôt. Dans les quartiers de Brooklyn à New-York, il grandit au milieu de 8 frères et soeurs.
A 14 ans, il quitte l’école après avoir frappé un professeur…
Dès lors, il enchaîne les petits boulots (cireur de chaussures, commis, coupeur de papier…)

Puis un jour, tiens donc!, l’un de ses voisins qui est aussi patron de la pègre, le prend sous son aile. Il s’appelle Johnny Torrio et devient le mentor d’Al Capone.

Scarface

Alors qu’il a 18 ans, et qu’il a insulté la soeur d’un mafieux local sans savoir qui elle était, Al Capone est remis à sa place en se faisant entailler la joue gauche.
Il gagne trois cicatrices qu’il s’efforcera toujours de masquer sur les photos, en montrant son profil droit. Il récolte également le surnom de « Scarface » («balafré», en français)…

Un écart de conduite

L’année suivante, Capone se marie avec une irlandaise avec qui il a un fils. Il lui choisit Johnny Torrio comme parrain.
Avec sa petite famille, il part pour Baltimore où il trouve un emploi de comptable. Si, si !
Mais cette nouvelle vie dans la légalité n’est qu’un écart de conduite. La mort de son père, le 14 novembre 1920, est là pour le lui rappeler : Al Capone ne doit plus rien à personne.

Petit gangster deviendra grand

Al Capone a vite rejoint Torrio à Chicago où celui-ci a monté une entreprise fructueuse autour de la bière, du jeu et de la prostitution.
Les Etats-Unis sont alors sous le coup de la Prohibition, une aubaine pour les réseaux mafieux.
Parti du niveau le plus bas, le jeune homme gravit les échelons un à un jusqu’à remplacer Torrio à la tête de l’affaire dès 1925. En corrompant les autorités locales, il acquiert une renommée quasi internationale.

Al Capone tout-puissant

Maître de Chicago, Al Capone l’est également de la ville de Cicero, ville limitrophe.
A seulement 25 ans, le gangster contrôle 161 bars clandestins, 150 maisons de jeu, 22 maisons de passe…
L’homme comptabilise un chiffre d’affaire d’environ 105 millions de dollars par an. Et même si les pots de vin à la police coûtent cher – environ 30 millions – cela n’empêche pas Capone de déambuler dans des costumes à 5000 dollars !

De 1925 à 1932, Al Capone règne en patron tout-puissant du vice à Chicago, exploitant et intimidant sans vergogne les petits commerçants.
Jamais personne n’ose le dénoncer. Il n’est donc jamais accusé.

Ennemi public n°1

Plutôt apprécié – la peur de ressentir le contraire n’a évidemment rien à voir! -, Al Capone perd nettement le soutien de l’opinion après le massacre d’une extrême violence par ses hommes des membres d’un gang ennemi, le Northside Gang.
Pour calmer les esprits, le gangster convient avec la police de passer un an en prison sous prétexte de port d’arme illégal. Un séjour tout confort qui lui coûte dix mois de son temps et 10 000 dollars par policier. (voir photo ci-dessus)

Devenu l’ennemi public n°1, il se rachète une conduite auprès de la population de Chicago en organisant une soupe populaire pour les millions de chômeurs mis à la rue par la Grande crise de 1929.

Al Capone vs Eliot Ness

Dès 1927, une loi autorise le fisc à taxer les revenus de la vente illicite d’alcool. Cette petite nouveauté dans le Code des Etats-Unis se veut une arme redoutable dans la lutte contre les trafiquants.
Car en effet, si un trafiquant ne déclare pas ses revenus, il sera condamné pour fraude fiscale. A l’inverse, s’il déclare tout comme il faut, il reconnaîtra officiellement tremper dans des affaires illégales… La case prison est donc inévitable !

Là, Al Capone va trouver un adversaire de taille : Eliot Ness, agent du Bureau de la Prohibition et ses «incorruptibles». Kevin Costner lui prête ses traits face à Robert De Niro, dans le film de Brian de Palma, en 1987.

Eliot Ness étant incapable de prouver ni meurtres, ni rackets ni trafics du mafieux, il se concentre sur sa fortune, ses dépenses et ce qu’il a ou non déclaré. Rapidement, les revenus nets de Capone sont estimés à 1 035 654 dollars et 84 cents.

Le gangster a bien tenté de soudoyer le fisc comme il l’a fait avec tous les autres, mais rien n’y a fait.

La chute du gangster

Le 5 juin 1931, Al Capone est inculpé pour fraude fiscale.
Son procès s’ouvre le 6 octobre. Sur 21 chefs d’accusation, il est reconnu coupable de 3 le 17. Le 24 octobre, il est condamné à 17 ans de prison dont 11 ferme et 50 000 dollars d’amende.

Depuis la prison de Cook, il poursuit la direction de ses affaires.
Mais tout s’arrête une fois transféré à la prison d’Atlanta en mai 1932, puis à Alcatraz en août 1934.
Libéré sous conditions à la fin de 1939, il meurt le 25 janvier 1947 à Miami.

Le 21 avril 1986, en direct sur 181 chaînes du monde entier, on ouvre la chambre forte d’Al Capone, dans la cave du Lexington Hotel de Chicago. Mais l’événement fait un bide : la chambre est… vide.

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