20 octobre… 1952 – Révolte des Mau Mau contre l’Empire Britannique, au Kenya

Face à la révolte des Mau Mau qui a commencé au Kenya au mois de mai, le gouvernement britannique déclare l’état d’urgence le 20 octobre 1952. La guerre entre colons et colonisés va durer quatre ans…

Soldats des King’s African Rifles britanniques durant la révolte. ©Ministry of Defence post-1945 official collection / Wikimedia Commons. Domaine public

A l’origine des Mau Mau

D’abord sous protectorat britannique, le Kenya devient une colonie du Royaume-Uni en 1920. Le pays est en effet une terre très fertile dont les Anglais comptent profiter.
En débarquant par milliers, les colons européens ont chassé les Kikouyous, plus gros groupe ethnique kenyan, ne leur laissant plus que le quart des terres cultivables du pays. Ces derniers sont parqués dans des bidonvilles, interdits des centres urbains.

Exploités comme des esclaves pour la plupart par les colons pour la culture de thé et de café, les Kikouyous se réunissent en 1925 en une organisation de défense contre l’oppresseur, la Kikuyu Central Association.
Son président, Jomo Kenyatta, la dissout après la Seconde Guerre mondiale.
Il crée à la place la Kenyan African Union (KAU). Son objectif : abolir les barrières raciales et appliquer l’égalité des droits politiques.

Mais pour la majorité des Kikouyous qui étaient membres de la Kikuyu Central Association, cela ne suffit pas. Déterminés à lutter contre les colons, ils créent une société secrète appelée Mau Mau au sein de laquelle ses membres usent de sorcellerie et achèvent de mûrir leur action.

Révolte et massacres

La rébellion des Mau Mau démarre dès 1950.
En mai 1952, les Mau Mau s’attaquent aux Kikouyous qui ont refusé de s’associer à eux.
Ils se mettent ensuite à massacrer les colons.
Le 20 octobre 1952, l’Empire britannique décrète l’état d’urgence et déploie des renforts militaires considérables en vue d’une répression impitoyable. Il mobilise pas moins de 7500 Britanniques, 5000 soldats africains des King’s African Rifles et 21000 policiers.
En octobre 1956, les derniers Mau Mau ont fui tandis que leur chef, Dedan Kimathi est capturé et pendu.
Le bilan est lourd : 10 000 Mau Mau ont été tués ainsi que 1800 civils, côté kenyan. Côté européen, 32 civils et 63 soldats ont perdu la vie.

Vers l’indépendance

Bien que victorieux mais ne souhaitant pas voir l’épisode se renouveler, les Britanniques entament des négociations avec Jomo Kenyatta.
Le Kenya gagne pleinement son indépendance le 12 décembre 1963.

Soixante ans après la révolte, le 12 septembre 2015, le Royaume-Uni reconnaîtra les crimes commis alors, en inaugurant un mémorial en hommage aux milliers de Mau Mau tués.
Dans la pierre, les Anglais y ont fait graver :

Le gouvernement britannique reconnaît que les Kenyans ont été soumis à des actes de torture et d’autres formes de maltraitance de la part de l’administration coloniale.

Hier considérés comme des terroristes, les Mau Mau font aujourd’hui pleinement figure de héros.

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