18 octobre… 1534 – L’affaire des Placards réprimée par François Ier

Au matin du 18 octobre, dans les rues de Paris et de province, des affiches injurieuses à l’égard de l’Eglise catholique tapissent les murs. Des protestants ont apposé ces placards un peu partout, jusque sur la porte de la chambre du roi François Ier, à Blois. En réaction, ce dernier déclenche une vaste répression.

Exemplaire du placard à l'origine de la répression sur les protestants.
«Articles veritables sur les horribles, grandz et importables abuz de la messe papalle, inventee directement contre la saincte Cene de Jesus-Christ», Neuchâtel, 1534. Un rare exemplaire subsistant des placards incriminés, conservé à la Bibliothèque nationale de France, Paris. ©Antoine Marcourt / Wikimedia Commons. Domaine public

«Articles véritables sur les horribles, grands et insupportables abus de la messe papale inventée directement contre la Sainte Cène de notre Seigneur seul médiateur et sauveur de Jésus-Christ.»

L’intitulé de même que le contenu des tracts placardés ne souffrent pas d’ambiguïté. Noir sur blanc, les protestants traitent avec violence les rites de la messe de sorcellerie.
Les représentants de l’Eglise, du pape aux prêtres, des évêques aux moines, sont quant à eux accusés de blasphème.
C’est la première véritable manifestation de haine des protestants contre les catholiques, en France. D’autres suivront, des uns comme des autres, et aboutiront aux Guerres de religion, 28 ans plus tard…

L’échec de la conciliation

Le scandale survient alors que François Ier a largement entamé une politique de conciliation entre catholiques et protestants. C’est un souverain tolérant, désireux de rétablir l’unité de la chrétienté. A cette fin, il a fait dépêcher des ambassadeurs auprès des principaux réformateurs en Allemagne et en Suisse.
Mais l’Affaire des Placards résonne comme un échec cuisant de sa tentative d’apaisement.

Les placards proviennent de Neuchâtel. C’est un pasteur nommé Antoine Marcourt qui les a fait imprimer. Ce dernier est proche de Guillaume Farel, un ardent propagateur de la Réforme.

La répression contre l’«hérésie»

Eux et tous les autres sont désormais visés par la répression décidée par le roi de France, soucieux de préserver son autorité et son royaume de l’«hérésie».

Dans les mois qui suivent, les arrestations s’enchaînent, les emprisonnements, les jugements et les exécutions se multiplient.
En janvier 1535, à Paris, une procession expiatoire organisée par l’Eglise catholique rassemble les fidèles en nombre. François Ier est parmi eux.
Au même moment, toujours à Paris, six hérétiques sont conduits sur le bûcher…

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