13 octobre… 1307 – Arrestation des Templiers et de Jacques de Molay

Au petit matin de ce vendredi 13 octobre, le roi Philippe IV le Bel fait arrêter tous les Templiers de France. Ils finiront sur le bûcher, auquel n’échappera pas leur grand-maître, Jacques de Molay.

Gravure représentant Jacques de Molay sur le bûcher
Jacques de Molay sur le bûcher, représentation imaginaire datant du xixe siècle. Domaine public

En faisant arrêter les Templiers, Philippe IV le Bel met fin à près de deux siècles de prestige et d’influence de l’ordre des moines-soldats. Celui-ci a été créé en Terre Sainte en 1119, à l’initiative d’Hugues de Payns.

Au temps des croisades

Après la première croisade, achevée en 1099 avec la prise de Jérusalem aux musulmans, ce chevalier souhaitait protéger les pèlerins se rendant dans la ville sainte.
Le concile de Troyes encourage l’initiative neuf ans plus tard. Il permet ainsi la naissance officielle de l’ordre du Temple.

Du prestige des Templiers

Par leur prestance – ils portent un manteau blanc frappé d’une croix rouge – et par leur vocation, les moines-chevaliers gagnent rapidement en prestige. Celui-ci ne va cesser de croître au rythme de sept autres croisades.
La huitième et dernière s’achève en 1270 avec la mort de Louis IX (Saint Louis) à Carthage. Les musulmans ont alors pris toutes les possessions franques de Terre Sainte. A l’exception de Saint-Jean-d’Acre en Israël, que ces derniers ne conquerront qu’en 1291, après une résistance héroïque des Templiers.

Glorifié depuis sa création, l’ordre du Temple a bénéficié de nombreuses donations. Sa richesse dépasse l’entendement au point qu’à la fin du XIIIème siècle, ses membres sont devenus plus usuriers que moines-chevaliers. L’ordre constitue désormais l’une des plus grandes institutions financières de l’Occident, gérant jusqu’aux biens de l’Eglise et ceux des rois d’Europe…

Dépravation et décadence

Leur influence en France et sur le continent est telle que les Templiers commencent à susciter la méfiance.
Philippe IV le Bel n’a pas oublié que l’ordre a refusé de payer la rançon réclamée contre la libération de Louis IX, lorsqu’il était prisonnier en Egypte en 1248.
De même, de solides rumeurs courent concernant les moeurs prétendument dépravées des moines.
Pour rappeler à ces derniers leur mission première de servir Dieu, le roi suggère la fusion de l’ordre avec son concurrent, celui des Hospitaliers. Avec eux, il souhaite, de même que le pape Clément V, que les Templiers mènent une nouvelle croisade.

Non sans s’y attendre, Philippe le Bel essuie le refus de fusionner du grand-maître des Templiers, Jacques de Molay. Pour autant, le roi ne reste pas sans réagir. Il presse Clément V de s’impliquer. Celui-ci ouvre alors une enquête sur les réels agissements des moines. Les investigations prenant trop de temps à son goût, Philippe le Bel fait arrêter les Templiers, sous prétexte d’hérésie.

La fin des Templiers

Au matin du 13 octobre 1307, sous la conduite de Guillaume de Nogaret, ministre du roi, pas un chevalier de l’ordre, en France, n’échappe à la police. Torturés, beaucoup avouent finalement la pratique de la sodomie et avoir commis des crimes comme celui de cracher sur la Sainte Croix. Ils sont condamnés au bûcher.
Le 22 novembre, le pape ordonne à son tour l’arrestation des Templiers dans tous les Etats de la chrétienté.

L’ordre du Temple est dissous le 3 avril 1312, son trésor est remis à celui des Hospitaliers.

Le grand-maître Jacques de Molay, jugé, brûle vif à son tour le 19 mars 1314 sur l’île de la Cité. A ses côtés, le commandeur de Normandie Geoffroy de Charnay.

Dans son roman Les Rois Maudits, Maurice Druon a repris une légende : avant d’être consumé par les flammes, Jacques de Molay aurait condamné Philippe IV le Bel et Clément V à mourir avant la fin de l’année. Or, ce dernier s’éteint le 20 avril, et le souverain le 29 novembre…