10 octobre… 1903 – En Allemagne, mise en vente de l’aspirine

En ce tout début du XXème siècle, la population allemande découvre un nouveau médicament anti-fièvre et antalgique (qui atténue la douleur). Il s’agit de l’aspirine, développé par le chimiste Felix Hoffmann. Le comprimé arrivera en France cinq ans après, en 1908.

Première mise en vente de l’aspirine en Allemagne (Deutschland – Baden-Württemberg – Heidelberg: Deutsches Apothekenmuseum, Aspirin) ©ANKAWÜ – Travail personnel / Wikimedia Commons. CC BY-SA 3.0. Non modifié

Le 10 octobre 1903, un nouveau médicament, nommé l’aspirine, est mis en vente pour la toute première fois. L’événement a lieu en Allemagne, patrie du chimiste Felix Hoffmann qui l’a développé.

L’aspirine au temps des Sumériens

L’histoire de ce remède remonte cependant à une époque bien plus lointaine. Celle des Sumériens, en réalité. Cette civilisation, qui a vécu aux IVe et IIIe millénaires av. J.-C. en Basse-Mésopotamie, est considérée comme la plus ancienne de l’histoire. Elle avait constaté que l’écorce de saule était un antalgique efficace. Un fait avéré deux millénaires plus tard par le « père de la médecine », le Grec Hippocrate.

Il faut néanmoins attendre le XIXe siècle pour découvrir le principe actif de cette propriété : l’acide acétylsalicylique.
Le chimiste allemand Felix Hoffmann se penche alors sur l’étude de ce composé.
Il en trouve un équivalent, plus facile à synthétiser (et à prononcer, au demeurant !) : l’acide spirique, extrait de la spirée, plante aussi appelée reine-des-prés.

Une puissante industrie pharmaceutique

Après qu’il a réussi à en obtenir une forme stable, le laboratoire Dreser, pour qui il travaille, s’empresse de déposer le brevet, le 6 mars 1899. Il confie ensuite sa commercialisation à l’entreprise de chimie Bayer.
Ainsi se développe en Allemagne une puissante industrie pharmaceutique.
La France doit, quant à elle, attendre 1908 pour calmer ses maux de tête avec l’aspirine.

Toutefois, dans le Traité de paix signé à Versailles en juin 1919, après la Première Guerre mondiale, une clause fait tomber le brevet du médicament dans le domaine public. Mais en France exclusivement !

Aspirine vs paracétamol

Ce nouvel antalgique connaît un véritable succès tout au long de la première moitié du XXe siècle.
C’est alors qu’un concurrent sérieux débarque sur le marché : le paracétamol
L’aspirine connaît de fait une nette baisse de régime…

Rapidement cependant, l’un et l’autre vont se distinguer par leurs propriétés et une vocation bien différentes :
– le paracétamol présente le meilleur bénéfice/risque pour les douleurs courantes, mais il est très toxique pour le foie, surtout quand il est pris en même temps que de l’alcool.
– l’aspirine est recommandé – à faible dose – dans la prévention des troubles cardiovasculaires. Anticoagulant, il peut en effet permettre de minimiser ces derniers, sinon de les éviter. C’est à cette fonction qu’il doit d’ailleurs le prolongement de sa durée de vie ! Mais parce qu’il est un anticoagulant, il présente aussi des risques d’hémorragie…

Dès lors, est-il encore nécessaire de préciser que ces deux médicaments, bien qu’anciens et les plus consommés au monde, exigent toujours de ceux qui en prennent, la plus grande prudence…