6 octobre… 1927 – Le premier film parlant sort en salles

Le cinéma fait sa révolution ! Ce 6 octobre 1927, avec la sortie de The Jazz Singer (Le chanteur de jazz) d’Alan Crosland, le muet cède la place au parlant. Et change à jamais le destin du 7ème Art.

Parlant et chantant

«Wait a minute, wait a minute, you ain’t heard nothin’ yet!» («Attendez un peu, vous n’avez encore rien entendu!»).

La réplique, restée célèbre, est prononcée par Al Jolson.
L’acteur campe un passionné de jazz dont le père rêve de voir son fils prendre sa suite comme chantre à la synagogue. N’osant le décevoir mais désireux d’assouvir sa passion, il se grime en noir et se produit dans les cabarets. Il y devient une véritable vedette…
L’histoire est relatée en 1 heure et 28 minutes et compte 354 mots. Al y chante 5 chansons.

Un premier succès

Réalisé par Alan Crosland, Le chanteur de jazz a été adapté, moyennant 3 millions de dollars, d’une pièce de théâtre à succès de Samson Raphaelson. Il met en scène Al Jolson, juif d’origine russe. Dès lors, sa carrière va prendre un tournant spectaculaire! Entre le 6 octobre et le 31 décembre 1927, 3,5 millions d’Américains se précipitent pour voir ce long-métrage d’un genre inédit!

Le Chanteur de Jazz (1927). ©Warner Bros / Wikimedia Commons. Domaine public

Du muet au sonore avec… le kinétophone

Premier long-métrage parlant, Le chanteur de jazz est l’aboutissement de plus de trente ans de tentatives d’association du son à l’image. Le premier à s’y frotter est Thomas Edison en 1895 avec son kinétophone. Son engin est une version améliorée de son kinétoscope qui permettait de voir un court-métrage. Il y a ajouté un phonographe cylindrique.

Utilisateur du kinétophone muni d’écouteurs acoustiques (identiques au stéthoscope inventé depuis le milieu du xixe siècle) qui propagent le son du phonographe à cylindre situé avec l’image à l’intérieur du coffre (1895). ©[1] — en:Image:Kinetophone1.jpg. Domaine public

Gaumont, Fox & Warner, pionniers du cinéma parlant

En 1900, lors de l’Exposition Universelle à Paris, Clément Maurice et Henri Lioret présentent le phono-cinéma-théâtre. Il synchronise le son et l’image à l’aide d’un phonographe appelé le lioretographe.
Lors de la même manifestation, Berton, Dussard et Jaubert présentent leur phonorama, une autre méthode d’association.
Puis en 1902, c’est au tour de Léon Gaumont d’imaginer le chronophone, qu’il présente devant l’Académie des Sciences le 27 décembre 1910.

En 1913, Thomas Edison est de retour avec un kinétophone amélioré qui lui permet de proposer le premier court-métrage parlant au monde.
Plusieurs engins continuent de se succéder et de rivaliser d’ingéniosité : le phonofilm de Lee de Forest ; le Tri Ergon des Allemands Engl, Vogt et Massolle ; et le Movietone de William Fox

And the winner is…

Cependant, le premier à se révéler suffisamment concluant pour présenter un film digne de ce nom est le Vitaphone. Il s’agit en fait d’un système de son sur disque expérimenté par un des frères Warner, Sam, et qui va sauver leur entreprise de la faillite…
Le premier test est effectué avec succès sur un court-métrage réalisé par Alan Crosland, Don Juan, en 1926. On considère aujourd’hui celui-ci comme le premier film sonore mais sans paroles.

Le chanteur de jazz lui succède l’année suivante. Ce long-métrage parlant est présenté au public américain le 6 octobre 1927 et aux spectateurs français deux ans après, le 4 octobre 1929.

Adieu le muet et Buster Keaton…

Véritable bouleversement dans le monde du 7ème Art, le cinéma parlant révèle Al Jolson avec ce long-métrage. Tandis que ce dernier va accéder au rang de star, Buster Keaton, celle du cinéma muet, va tomber rapidement dans l’oubli. Charlie Chaplin, autre vedette du muet, parviendra quant à lui mais non sans mal à se recycler.
Les réalisateurs comme Howard Hawks, Marcel Pagnol et l’acteur et réalisateur Sacha Guitry vont eux saisir l’opportunité au vol. Ils se révèlent respectivement avec La Patrouille de l’aube en 1930, Marius en 1931 et dans Le blanc et le noir en 1930…

L’histoire du passage du muet au parlant et ses conséquences sur les carrières des acteurs et actrices du moment, va grandement inspirer le cinéma : Stanley Donen et Gene Kelly tout particulièrement dans Singin’ in the rain en 1952, puis Michel Hazanavicius avec The Artist en 2011…
Les deux films rencontrent l’un comme l’autre un succès phénoménal et s’inscrivent eux-mêmes dans l’histoire du 7ème Art.

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