1er octobre… 331 av. J.-C. : Alexandre conquiert la Perse de Darius III

Au terme d’un troisième et dernier affrontement, à Gaugamèles, Alexandre le Grand conquiert l’Empire perse de Darius III, roi de la dynastie des Achéménides. Par cette victoire, un 1er octobre 331 av. J.-C. en Mésopotamie, le jeune conquérant de 25 ans entre également au Moyen-Orient.

«La bataille d’Arbelles», par Charles Le Brun, 1669. Paris, Musée du Louvre – ©VladoubidoOo, Travail personnel / Wikimédia Commons. Domaine public

L’ultime bataille, à Gaugamèles

Darius III, roi de Perse, a reconstitué ses troupes et s’apprête à affronter une nouvelle fois le jeune roi de Macédoine, Alexandre. Malgré deux défaites cuisantes face à ce dernier, à Granique en mai 334 av. J.-C. et à Issos en novembre 333 av. J.-C., le puissant «Roi des Rois» ne doute pas de sa future victoire.
Les Perses disposent en effet de nombreux atouts : près de 300 000 hommes, de nombreux chars de guerre à faux (attelages sur lesquels étaient disposés de part et d’autre – notamment sur les roues – des faux tranchantes), ainsi que des éléphants de combat. Pour faciliter leurs manoeuvres, Darius attend son adversaire sur la plaine de Gaugamèles, près d’Ardèles.
Le roi de Macédoine quant à lui, ne dispose que d’environ 45 000 Macédoniens et Grecs.

Ce dernier va néanmoins briller par son génie militaire :
Au lieu de disposer son armée en une seule ligne de front, comme à l’accoutumée, il la divise en trois et place la partie centrale en retrait de ses deux ailes. Par cette tactique inédite, il incite les Perses à foncer droit devant, pour mieux les attaquer ensuite, par les flancs. Lorsque l’affrontement est engagé sur les côtés, Alexandre ordonne alors à ses troupes de battre en retraite. Darius mobilise alors un maximum de soldats pour les poursuivre. Il détache même les troupes qui le protégeaient.
Cette décision qu’il croit judicieuse est en réalité celle qu’Alexandre espérait pour pouvoir affronter son adversaire personnellement. Mais le Roi des Rois s’enfuit lâchement dans les montagnes, laissant son armée sans commandement. Alors que celle-ci avait une chance de prendre le dessus, elle est prise à revers et finit par se rendre. Tandis que les Perses ont perdu près de 50 000 hommes, les Macédoniens en ont perdu dix fois moins…

Un Alexandre, des Alexandries

En battant une nouvelle – et dernière – fois Darius III, Alexandre le Grand gagne l’Empire perse et une large porte d’entrée sur tout le Moyen-Orient.
En vainquant le roi achéménide par deux fois déjà, à Granique en -334 et à Issos en -333, Alexandre avait conquis l’Egypte. Il est ainsi devenu pharaon et a créé la ville d’Alexandrie.

Mosaïque de la bataille d’Issos – Musée archéologique de Naples. ©Créateur inconnu / Wikimédia Commons. Domaine public

Il se fait à présent proclamer roi d’Asie, en entrant dans chacune des capitales de la Perse achéménide : Suse, Persépolis, Pasargades et Ecbatane. Il laisse ses soldats piller Persépolis, juste retour des choses selon lui après le pillage d’Athènes par Xerxès Ier, 150 ans plus tôt. Ce dernier avait lui-même agi par vengeance après la défaite de son père Darius Ier contre la ville, à Marathon.

Le nouvel empereur perse poursuit son chemin vers l’Est. L’ambition d’Alexandre est claire : asseoir son pouvoir sur tout l’Empire en créant d’autres Alexandries. Une douzaine sortent ainsi de terre, parmi lesquelles les futures Kaboul, Kandahar, Hérat, Samarcande…
Alors qu’il traverse les extrémités orientales (le futur Afghanistan) de l’Empire, Alexandre découvre le corps de Darius III sur le bord d’un chemin. Il a été assassiné par un satrape (gouverneur d’une province de Perse), Bessos.
Le jeune conquérant dépose alors son manteau sur la dépouille du vaincu.
Par ce geste, Alexandre le Grand indique qu’il assume l’héritage des Achéménides, sans haine ni esprit de revanche.