24 septembre… 1877 – 500 samouraïs meurent à Shiroyama

La bataille de Shiroyama, le 24 septembre 1877, a largement inspiré le cinéma américain et plus particulièrement le réalisateur Edward Zwick avec son film Le dernier samouraï, en 2003. Porté par Tom Cruise, spectaculaire et romantique à souhait, le film n’en garde pas moins un fond de vérité : la disparition des samouraïs, au Japon.

Saigō Takamori et ses officiers, à la Rébellion de Satsuma. ©Le monde illustré / Wikimedia Commons. Domaine public

La tradition sacrifiée

Leur tenue de combat, leur code de l’honneur (Bushido) et leur sabre, arme emblématique des samouraïs, ont forgé la légende de ces guerriers japonais. Pour avoir régné sur le Japon féodal pendant près de 700 ans, ils sont les gardiens d’une tradition ancestrale à laquelle il leur est impossible de renoncer.
Aussi, quand l’empereur Meiji Tennō – celui-là même qu’ils ont aidé dix ans plus tôt à reprendre le pouvoir au shogun (maire du palais) – entend réformer le Japon en l’occidentalisant, les samouraïs en sont les premières victimes, sommés de troquer leur sabre contre une houe ou une plume. En effet, leur avenir n’est plus dans le combat mais dans l’exploitation agricole ou les affaires tandis que la guerre, elle, est à présent confiée à une armée de soldats formés à l’occidentale.
Si vite remplacés et échouant à se reconvertir, les samouraïs, encore au nombre d’un million, subissent une humiliation totale.

Pour l’honneur

Bien qu’ayant suggéré et encouragé cette réforme militaire, le ministre de la guerre Saigō Takamori tente de convaincre l’empereur d’utiliser les guerriers japonais pour combattre les pays voisins, comme la Corée. En vain.
Refusant de sacrifier cette tradition sur l’autel de la modernité, Takamori quitte alors le gouvernement et, sur l’île de Kyushu, crée une école de samouraïs.
Dans le même temps, la réforme s’est durcie : le gouvernement réserve désormais le port du sabre, arme traditionnelle des samouraïs, aux officiers de l’armée. En faisant cela, il touche à l’honneur des guerriers, qui se révoltent.
Saigō Takamori prend contre toute attente la tête de la rébellion, rejoint par quinze à vingt mille samouraïs du clan Satsuma. Ils sont soutenus par un officier instructeur français, le capitaine Jules Brunet, polytechnicien et artilleur de formation, d’ailleurs remplacé par un soldat américain campé par Tom Cruise, dans Le dernier samouraï (2003).

Après plusieurs semaines de siège de la ville de Kumamoto, sur l’île de Kyushu, les pertes du côté des rebelles sont gigantesques. Près de 500 samouraïs, les derniers restants, succombent à leur tour à Shiroyama. Combattant à leur côté, Takamori est mortellement blessé par balle. Fidèle à l’honneur ancestral du samouraï, il se suicide avec son sabre par éventrement, selon le rite du seppuku (aussi appelé harakiri).