21 septembre… 1948 – Marcel Cerdan devient champion du monde de boxe

Sur le ring du Roosevelt Stadium de Jersey City, le 21 septembre 1948, deux boxeurs à la renommée internationale se disputent le titre de champion du monde des poids moyens. Le « Bombardier marocain » Marcel Cerdan l’emporte sur le « Roi du KO » Tony Zale.

Portrait de Marcel Cerdan. ©Cerdan – Archives familiales. CC BY-SA 3.0

Né pour boxer

Passionné de football, c’est dans la boxe que Marcel Cerdan va s’épanouir et connaître la consécration. Né en Algérie, à Sidi Bel Abbès, le 22 juillet 1916, il part avec ses parents, ses trois frères et sa soeur s’installer à Casablanca. Il a 6 ans. Le Maroc sera sa véritable patrie jusqu’à sa mort, en 1949.
Dans le café-bal qu’il a acquis, le père de Marcel organise tous les jeudis des petits combats de boxe avec ses quatre fils en tête d’affiche.
Les aînés, Vincent, Antoine et Armand sont tous des gagnants. Les deux premiers sont champions d’Afrique du Nord dans la catégorie poids plumes, le troisième est champion du Maroc dans la catégorie coqs. Mais aucun des trois ne fera carrière. Marcel est donc le fils dans lequel son père place tous ses espoirs.

Il dispute son premier combat, dans le café-bal, à l’âge de huit ans.
À dix ans, il oblige son adversaire à se réfugier derrière l’arbitre.
À onze, il quitte l’école préférant traîner et jouer au football. Il enchaîne les petits jobs, se faisant virer de chacun quelques jours à peine après son arrivée.
À seize ans, il dispute son premier combat professionnel, qu’il gagne.
Sous la pression de son père, il poursuit les entraînements avec Lucien Roupp. Mais Cerdan n’aime pas la boxe, il n’aime pas faire mal gratuitement.
Pour autant, chaque combat que son père lui impose est une victoire pour le jeune homme.
En novembre 1936, il combat pour la première fois à Alger, vitrine de la boxe nord-africaine.
À peine un an après, en octobre 1937, Cerdan combat à Paris, salle Wagram.
La carrière de Cerdan est déjà et ne sera qu’une succession de victoires : 119 exactement (dont 61 par KO) contre 4 défaites, entre 1933 et 1949.
Semant la terreur sur les rings dans les années 1940, le Casablancais est surnommé le « Bombardier marocain« .
Il gagne 5 championnats de France, 4 championnats d’Europe, et un championnat du monde…

Le 21 septembre 1948, Marcel Cerdan rencontre l’Américain Tony Zale, le « Roi du KO » pour disputer le titre de champion du monde des poids moyens.
En France, les ventes de postes de radio ont explosé. Pas question de manquer l’événement, retransmis en direct, à 4 heures du matin, par la TSF. Au Lido, Mistinguett, Jean Cocteau, Jean Marais et Marcel Thil attendent le verdict.
Dès le début du combat, Cerdan s’attache à mener la danse. Après onze reprises, devant 19 000 spectateurs – dont Fernandel, au bord du ring -, Cerdan met KO le « Roi du KO ». En arrivant à Orly, Cerdan est accueilli en héros.

Retour sur ce combat mémorable en vidéo :

Il ne garde son titre de champion du monde que quelques mois, battu par l’Américain Jack LaMotta le 16 juin 1949, au Madison Square Garden. Une revanche est organisée au mois de septembre suivant mais annulée au dernier moment. Elle est reportée au 2 décembre mais n’aura jamais lieu.

Le Bombardier et la Môme

Impossible de parler de Marcel Cerdan sans évoquer sa liaison avec la chanteuse Edith Piaf.
Marié depuis 1943 à Marinette qui vit à Casablanca avec leurs trois fils (Marcel Jr, René et Paul), le boxeur tombe amoureux de la Môme Piaf qu’il voit chanter au Club des Cinq, un cabaret du faubourg Montmartre à Paris.
Bien que blessée par cette idylle, Marinette et Edith Piaf deviendront amies à la mort de celui-ci.

Parti le 28 octobre d’Orly pour rejoindre cette dernière aux Etats-Unis et combattre LaMotta un mois plus tard, il n’arrive jamais à destination : son avion s’écrase dans l’archipel des Açores. Parmi les 48 passagers et membres d’équipage, Marcel Cerdan est identifié grâce à ses montres: la première, cadeau de sa maîtresse, à l’heure américaine et l’autre, celle de sa vie officielle, à l’heure française.

Le 29 au soir, à New York, Piaf chante l’Hymne à l’amour avant de tomber évanouie.
À Casablanca, le 10 novembre 1949, 70 000 personnes assistent à son enterrement.
Le 29 octobre 1995, sa femme fait rapatrier son corps en France et le fait inhumer à Perpignan.