14 septembre… 1321 – Mort de Dante Alighieri

Indissociable de son oeuvre intitulée la Divine Comédie, Dante, de son vrai nom Durante degli Alighieri, a marqué l’histoire de l’Italie et de sa ville natale, Florence, en qualité d’écrivain mais aussi d’homme politique.

Portrait de Dante (1465), Domenico di Michelino, cathédrale Santa Maria del Fiore, Florence. Domaine public

Une divine «Comedia»

Il est sans nul doute le poète italien le plus célèbre, considéré comme le père de la langue italienne pour avoir utilisé et imposé le toscan comme langue littéraire.
Son oeuvre de loin la plus notable et populaire est Comedia, devenue Divine Comédie dans les éditions modernes (la première datant de 1555).

Première de l’histoire à être écrite en langue italienne (et non en latin), l’oeuvre suit le narrateur dans un voyage intiatique en Enfer, au Purgatoire et au Paradis.
Dans son récit écrit à la première personne, Dante est accompagné du poète Virgile, qu’il admire. Ce dernier lui sert de guide dans un périple qui les conduit tout d’abord à travers les neuf cercles de l’Enfer. Puis, ils gravissent les sept gradins qui mènent au Purgatoire. Là, Virgile cède sa place à la muse de Dante, une certaine Béatrice qu’il dit aimer depuis son enfance. Elle mène le poète à travers les neuf sphères concentriques du Paradis et lui ouvre la porte du salut…
La Divine Comédie est une oeuvre monumentale reconnue pour le talent de son auteur à y mêler habilement ses expériences vécues et celles qu’il a imaginées, ses rencontres et celles qu’il aurait souhaitées, la théologie et ses réflexions personnelles, etc. On lui doit le qualificatif « dantesque » qui décrit quelque chose de sombre et sublime à la fois.

La « dantologie », une référence littéraire

À Comedia, il faut ajouter d’autres monuments littéraires écrits par le poète et penseur italien. Des monuments tels que leur étude est devenue une matière à part entière : la dantologie.
Parmi eux, on retient :

  • La Vita nuova. Dans ce récit écrit entre 1293 et 1295, l’auteur alterne les vers et la prose pour décrire son désespoir à la mort de Béatrice, celle-là même qui le mène au Paradis dans sa Comedia. Dante dit l’avoir rencontrée lorsqu’il avait 10 ans et elle 9, et avoir toujours nourri une absolue passion pour cette femme.
    L’oeuvre se compose d’une trentaine de poèmes que 42 chapitres en prose commentent. Dante y décrit et loue l’amour comme jamais aucun auteur ne l’a fait avant lui.
  • De vulgari eloquentia. Sorte de réflexion sur la langue vulgaire, il s’agit d’un traité rédigé en latin. Par langue vulgaire, Dante sous-entend la langue apprise par un enfant au contact de sa nourrice, comparée à la grammaire (le latin). En cela, elle est noble et parce qu’aucun dialecte ne vaut plus qu’un autre, il défend l’espoir d’une langue vulgaire unitaire imposée dans toute la péninsule italienne.
  • Il Convivio. En toscan, Dante y aborde de nombreux sujets habituellement évoqués en latin: la philosophie, la science… Avec cette oeuvre là aussi monumentale, il ouvre ainsi les portes de la culture et de la science antique et contemporaine au grand public. Initialement pensé en quinze traités, Il Convivio n’en contient que quatre.
  • De Monarchia. En latin celui-là, ce nouveau traité en trois livres est un éloge à la monarchie universelle, garantie de la justice, de la paix et du bonheur des hommes, selon lui. Dante y défend aussi l’idée que le peuple doit posséder l’autorité, en tant qu’héritier de l’Empire romain. Il considère également que l’empereur et le pape devraient se contenter d’exercer chacun leur autorité dans leur propre domaine, temporel pour l’un, spirituel pour l’autre.

Un penseur engagé

Militant dans ses écrits, Dante l’est tout autant dans ses actes.
À Florence, sa ville natale, Durante Alighieri est engagé politiquement pour le parti guelfe (militairement, politiquement et culturellement opposé au parti gibelin. Ces deux camps défendent chacun une dynastie qui revendique le trône du Saint-Empire).
Dominant à Florence, le parti guelfe est lui-même en proie à des troubles qui le divisent en deux factions: les Noirs, favorables à la politique papale de Boniface VIII sur la ville, contre les Blancs, partisans d’une plus grande autonomie de Florence. Du côté de ces derniers, Dante part à Rome pour tenter une démarche de conciliation.
Charles de Valois, représentant du pape, en profite pour s’emparer de Florence avec l’aide des guelfes noirs. Les Blancs sont arrêtés et jugés. À son retour, Dante est accusé de malversation et d’insoumission au pape. Ne se présentant pas à son procès, il est condamné au bûcher le 10 mars 1302. Tous ses biens sont confisqués. Dante s’exile.

Il erre de ville en ville, miséreux, jusqu’à Ravenne où il s’installe. Il y meurt de la malaria dans la nuit du 13 au 14 septembre 1321.
Alors que jusqu’à sa mort, Dante a essayé, en vain, de rentrer à Florence, la ville qui l’a vu naître tente encore aujourd’hui de récupérer son corps, inhumé à Ravenne. Mais cette dernière refuse toujours de restituer la dépouille d’un homme à la ville qui l’a exilé.
Le décret de bannissement de Dante de Florence a pourtant bien été révoqué. En 2008…

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