12 septembre… 1940 – Découverte de la grotte de Lascaux

A Montignac, en Dordogne, un jeune adolescent du nom de Marcel Ravidat découvre l’entrée d’un souterrain dans la colline de Lascaux. Manquant d’équipement sur le moment, il revient quatre jours plus tard, accompagné de trois amis. Ensemble, ils pénètrent dans la cavité et découvrent un trésor d’archéologie. Nous sommes jeudi 12 septembre 1940, il y a exactement 80 ans.

Cheval représenté dans la grotte de Lascaux – ©Travail personnel/Wikimedia Commons. Domaine public

Un trésor préhistorique

Devant les dessins et les peintures qui ornent les parois de la grotte, Marcel Ravidat, Jacques Marsal, Georges Agniel et Simon Coencas sont en émerveillement. Sans trop espérer quoi que ce soit en pénétrant dans ce qui ressemblait davantage à un trou de renard, ils n’imaginaient certes pas se voir offrir un tel spectacle.
À mesure qu’ils avancent et dépassent une salle de près de trente mètres de long, des peintures rupestres, nombreuses et remarquablement bien conservées, se révèlent à leurs yeux le long d’une galerie de près de 20 mètres.
Des taureaux, des vaches, des chevaux, des cerfs, des bisons, des mammouths en ocre rouge et jaune, bistre, noir et brun… Les sujets autant que la taille des dessins varient énormément, certains pouvant atteindre 5,50 mètres de longueur.
À seulement quelques kilomètres des grottes de Font-de-Gaume et de La Mouthe, les quatre jeunes hommes devinent qu’ils ont mis la main sur un véritable trésor… Un trésor vieux de près de 18 000 ans et inconnu jusqu’alors.

Une découverte archéologique majeure

Marcel et ses amis informent aussitôt Léon Laval, archéologue et instituteur à la retraite, de leur trouvaille.
Souffrant, il ne peut se déplacer et c’est à Maurice Thaon, jeune dessinateur tout juste démobilisé et installé en Dordogne qu’est confiée la tâche de se rendre sur les lieux pour confirmer leurs dires.
Sous la direction de l’Abbé Breuil, professeur au Collège de France et spécialiste de l’art pariétal, Thaon exécute les premières reproductions des parois.

«Je pris de nombreux croquis que je portais immédiatement à M. l’abbé Breuil […] ainsi qu’à deux préhistoriens célèbres, MM. les abbés Bardon et Bouyssonies. Ils furent immédiatement convaincus de l’exceptionnel intérêt des peintures. […] le lendemain la grotte de Lascaux était visitée, et déclarée la plus importante grotte ornée découverte depuis une cinquantaine d’années.»

Maurice Thaon dans son récit des événements fait à l’époque au journal «Le Figaro».

Il laisse ses travaux de côté jusqu’en 1942, où il entreprend cette fois de photographier les peintures.

Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1945, cette «chapelle Sixtine de la Préhistoire», ainsi que l’abbé Breuil a surnommé la grotte dès 1940, est ouverte au public. Les visiteurs accourent en nombre (environ 1500 par jour) pour admirer cette merveille, entraînant du même coup la dégradation rapide des peintures jusque là préservées du temps par le peu d’air qui circulait dans la grotte.

Une réplique, comme si on y était

En 1963, pour sauvegarder et préserver le lieu, André Malraux, alors ministre de la Culture, décide la fermeture de la grotte de Lascaux le 18 avril.
En 1979, 15 sites préhistoriques et grottes ornées de la vallée de la Vézère, dont Lascaux fait partie, sont inscrits comme un bien global sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO. Leur nombre a augmenté depuis.

Pour permettre au public de continuer à profiter des richesses historiques qu’offre la grotte de Lascaux, un premier fac-similé est initié dès le début des années 1970 et ouvert en 1983.
Lascaux II est situé sur la même colline que la grotte originelle et enfoui lui aussi dans le sol.
Près de 10 millions de personnes s’y rendent jusqu’en 2016, année d’ouverture de Lascaux IV (Lascaux III est une réplique nomade permettant de faire profiter le monde entier de cette richesse).
Lascaux IV – Centre international de l’art pariétal (CIAP) représente la grotte dans sa quasi-intégralité et use des technologies les plus récentes de l’image et du virtuel. Le visiteur parcourt ainsi la grotte d’origine, comme si il y était !

Il peut y découvrir les deux bisons adossés, la grande vache noire, l’Abside, la scène du puits, le cheval renversé, le Diverticule axial et la salle des taureaux, quand Lascaux II ne présentait que les deux derniers.

Un commentaire sur “12 septembre… 1940 – Découverte de la grotte de Lascaux

  1. Magnifique relation de cette découverte majeure… Quelle magnifique aventure pour ces adolescents enrichis d’une expérience unique… et d’une émotion qui traverse les générations.

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