10 septembre… 1898 – Assassinat d’Elisabeth de Wittelsbach, impératrice d’Autriche

Célèbre impératrice d’Autriche et reine de Hongrie immortalisée sous les traits de l’actrice Romy Schneider dans les films d’Ernst Maritschka, Elisabeth, dite « Sissi », est assassinée en pleine rue à Genève, en Suisse, le 10 septembre 1898. Elle a alors 61 ans.

L’impératrice d’Autriche Elisabeth, ici en qualité de reine de Hongrie. ©Georg Martin Ignaz Raab / Wikimedia Commons. Domaine public

La fin d’un calvaire

En Suisse pour une nouvelle cure – l’impératrice, neurasthénique, souffre d’anémie, de névrite, d’insomnie… -, Sissi séjourne à l’hôtel Beau-Rivage de Genève. Elle est ici incognito, sous le nom de comtesse de Hohenems. Mais ces précautions n’empêchent pas la rumeur de sa présence de se répandre.
Le 10 septembre, en début d’après-midi, elle sort de l’hôtel, escortée par sa dame de compagnie.
Un anarchiste italien de 26 ans, Luigi Lucheni, qui l’attendait, croise alors son chemin.
Sissi reçoit alors ce qu’elle croit être un coup de poing et trébuche. Elle se rend néanmoins au bateau qu’elle comptait prendre pour se rendre sur l’autre rive du lac Léman.
Elle perd alors connaissance et est aussitôt ramenée à son hôtel. Poignardée à côté du sein gauche au moyen d’une lime, elle meurt quelques minutes plus tard.

Le meurtrier a été arrêté par des cochers qui stationnaient près de l’endroit de l’agression. Plus désireux d’entrer dans l’histoire que véritable anarchiste, Luigi Lucheni avait en tête d’assassiner une tête couronnée. Il avait jeté son dévolu sur le duc d’Orléans qui devait venir à Genève. Celui-ci ayant changé son emploi du temps, le jeune homme s’est « rabattu » sur l’impératrice d’Autriche.

La mort de Sissi, à l’âge de 61 ans, attriste grandement l’empereur François-Joseph. Mais elle met fin à des décennies de règne bien mal vécues par l’impératrice dont l’égocentrisme et la fragilité notamment, ont généré de nombreux conflits entre elle et la Cour.
Alors qu’elle avait manifesté le souhait d’être inhumée à Corfou, qu’elle chérissait, l’empereur ne respecte pas sa dernière volonté mais préfère suivre le protocole : il la fait enterrer dans la Crypte des Capucins, nécropole de la dynastie des Habsbourg à Vienne.

De Sissi à Romy

Impossible de parler de Sissi sans parler de Romy (Schneider), la première ayant apporté la gloire à la deuxième qui l’a incarnée, permettant du même coup à toutes deux de connaître la célébrité dans le monde entier.
De Sissi, il est vrai que l’on en connaît surtout ce que le réalisateur Ernst Maritschka laisse croire dans ses films Sissi (1955), Sissi impératrice (1956) et Sissi face à son destin (1957).
Si l’histoire, telle qu’elle y est racontée, n’est pas complètement éloignée de la vérité, elle mérite cependant par endroits d’être rectifiée. Petit échantillon :

  • Oui, François-Joseph et Elisabeth étaient très épris l’un de l’autre, mais aussi très opposés. Leurs tempéramments, lui de bureaucrate et casanier, elle de rebelle, fêtarde et aventurière, ne vont cesser de les éloigner l’un de l’autre malgré l’affection qu’ils se portent.
  • Oui, l’empereur devait épouser Hélène et il a eu un véritable coup de foudre pour Sissi. Mais celui-ci n’est pas né au milieu d’une partie de pêche mais bien au bal donné en l’honneur de sa soeur aînée.
  • Oui, Sissi supporte mal la vie de château, déteste Vienne et ses devoirs d’impératrice, et ne se fera jamais au protocole de la Cour. Au point d’être critiquée par les Autrichiens qui lui reprochent son absence quasi permanente de la capitale. Ce point, bien qu’évoqué dans les films, est largement minimisé.
  • Non, Gisèle n’est pas le premier enfant du couple comme le laisse entendre le cinéma, mais le deuxième. Sophie est leur première fille. Née en 1855, elle meurt à l’âge de 2 ans de fièvre diarrhéique. Viennent ensuite Gisèle en 1856 puis Rodolphe en 1858 et enfin Marie-Valérie, en 1868.
  • Oui, la relation entre Sissi et sa tante et belle-mère l’archiduchesse Sophie est orageuse et crée des conflits récurrents entre les deux femmes, mais aussi entre Sissi et François-Joseph. Et, ce que les films montrent moins, c’est l’amour sincère que portait malgré tout Sophie à sa belle-fille.
  • Oui, Sissi est très belle et sur ce point, Romy Schneider l’incarne à la perfection. Mais ce que le cinéma ne dit pas, c’est qu’Elisabeth est carrément obsédée par son physique, effrayée à l’idée de grossir (elle pèse à peine 50 kg pour 1,72m et son tour de taille ne dépasse pas 51cm), passionnée de bijoux, de robes, de maquillage, de parfums… Elle dépense des sommes folles et souffre d’anorexie.
  • Oui, ses cheveux sont trèèèès longs! Bien que ne répondant pas aux codes de beauté de l’époque (sa mère se charge bien de le lui rappeler…), elle cultive cette différence notamment avec sa tignasse de 5kg. Un poids qui lui donne des migraines et des maux de dos et la fait se tenir légèrement voûtée.

Laisser un commentaire