8 septembre… 1978 – « Vendredi noir » à Téhéran

Jour funeste au cours duquel des manifestants ont trouvé la mort sous les balles de l’armée du shah à Téhéran, place Jaleh notamment, le vendredi 8 septembre 1978 dit « vendredi noir » marque un tournant dans l’histoire du pays : le régime des shahs prend fin, tandis que la révolution islamique débute.

« Vendredi noir » le 8 septembre 1978 – Domaine public

La fin d’une dynastie

En Iran, depuis les années 1960 et dans le cadre de sa « Révolution blanche », le shah Mohammad Reza Pahlavi a mené en Iran une modernisation à marche forcée : réforme agraire, éradication des bidonvilles, droit de vote aux femmes,…
Parallèlement, le régime impérial a renforcé sa coopération militaire avec les Etats-Unis qui voit dans l’Iran «le gendarme du Golfe Persique»… Soucieux de les satisfaire, le shah crée entre autres une police politique, la Savak.

Parmi les opposants à ce bouleversement, le clergé chiite, hostile à la sécularisation de la société et à la présence de ministres anticléricaux au gouvernement. Ce dernier souhaite au contraire avoir un engagement politique plus prononcé. Farouche opposant du shah et très influent, l’ayatollah Khomeiny, exilé en Irak.

Les années 70 voient doucement mais sûrement grandir le mécontentement populaire et religieux des Iraniens à l’égard du shah et de ses ambitions démesurées de pouvoir autant que de son « asservissement » aux Etats-Unis de Jimmy Carter.
Des premières manifestations de religieux contre la Savak qui avait critiqué l’ayatollah Khomeiny, sont réprimées. Elles attisent néanmoins la colère du peuple iranien qui se prépare à son tour à la révolte.
Craignant les répercussions de cette contestation, le 7 septembre 1978, le shah décrète la loi martiale dans 11 villes du pays.
Le lendemain, 8 septembre, à Téhéran, des milliers de manifestants, pour la plupart des étudiants, se rassemblent et demandent le départ du shah. Des chars et des hélicoptères sont alors déployés, l’armée ouvre le feu sur la foule et fait de nombreux morts. Elle fait plus tard état de 87 morts et 205 blessés. L’opposition, elle, dénombre plus de 4000 morts, dont 500 rien que sur la place Jaleh.

Cette violence fait perdre au régime du shah le peu de crédibilité qui lui restait.
Une immense grève s’en suit, notamment dans l’industrie pétrolière.
Le 16 janvier 1979, Reza Pahlavi part en exil en Egypte où il est accueilli par le président Sadate, le seul allié qui lui reste.

La révolution islamique en marche

L’ayatollah Khomeiny, qui était installé en France à Neauphle-le-Château, rentre en Iran le 1er février, acclamé par des millions de personnes.
Il nomme un gouvernement provisoire alors que le premier ministre Shapour Bakhtiar et ses ministres sont encore au pouvoir.
Durant plus d’une semaine, des affrontements entre partisans de la révolution et partisans du shah, notammant au sein de l’armée, vont se multiplier.
Le 11 février 1979, l’ayatollah Khomeiny annonce la victoire de la révolution et l’arrivée au pouvoir comme premier ministre, de Mehdi Bazargan. Ce jour-là prend officiellement fin l’Empire d’Iran.
La création par référendum (98% pour), le 1er avril 1979, d’une République islamique amorce de nombreux bouleversements, en et hors Iran…

Ouvertement anti-américain, le régime va inciter des étudiants extrémistes à prendre en otage les occupants de l’ambassade américaine à Téhéran, le 4 novembre 1979.
En avril 1980, les relations diplomatiques entre l’Iran et les Etats-Unis sont rompues.
Et Khomeiny ne s’en tient pas là. Il veut exporter la révolution islamique. Le Moyen-Orient s’agite:
Le Bahreïn fait face à des soulèvements de population;
Le Koweït est secoué par des attentats;
L’OLP (Organisation de la Libération de la Palestine) et le Hamas, mouvement islamiste palestinien sont soutenus par l’Iran financièrement dans leur guerre contre Israël;
La communauté chiite est appuyée par Khomeyni au Liban, en Irak contre Saddam Hussein, en Afghanistan contre les Soviétiques…

Encouragé par l’Occident, Saddam Hussein attaque l’Iran en 1980. La guerre Iran-Irak va durer huit ans. Elle n’aura pour effet que de renforcer l’influence religieuse sur les Iraniens.
A la mort de Khomeiny en 1989, Ali Khameini lui succède au titre de « Guide suprême ».

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