7 septembre… 1901 – Fin de la révolte des Boxers

Lutte contre l’impérialisme occidental par excellence, la révolte menée par la secte des Boxers en Chine du 20 juin 1900 au 7 septembre 1901, s’est soldée par une humiliante défaite pour le pays et un nombre effarant de victimes.

Les « Boxers » sont les membres d’une société chinoise secrète, les Poings de la justice et de la concorde. Leur symbole, un poing fermé, et leur pratique des arts martiaux leur ont valu le surnom de « boxers » par les Occidentaux.
Ce mouvement est à l’origine farouchement opposé aux réformes, à toute présence étrangère sur le territoire national de même qu’au pouvoir féodal de la dynastie mandchoue des Qing.

En 1900, la Chine peine à se remettre des deux écrasantes défaites subies au cours des dernières décennies : celle des guerres de l’Opium contre le Royaume-Uni (1839-1842, 1856-1860) et celle de la guerre contre le Japon (1894-1895).
En cette fin du XIXème siècle, l’humiliation est à son comble et la situation économique au plus bas. Proie des puissances étrangères telles que le Royaume-Uni et le Japon mais aussi la Russie, la France et l’Allemagne, la Chine est occupée par des légations étrangères installées à Pékin, ainsi que des missions catholiques, très actives. Le vieux système impérial est critiqué, le libéralisme encouragé.

Pour les Boxers, ultra-conservateurs héritiers d’une longue lignée de fraternités occultes et armées, l’heure est à la révolte. De même que pour l’impératrice douairière Cixi qui, bien qu’en opposition avec la secte, va trouver à s’allier avec eux dans la lutte contre l’ennemi commun, l’Occident.

Le 20 juin 1900 à Pékin, la haine se déchaine contre les étrangers. L’ambassadeur allemand Clemens von Ketteler est assassiné. Officiellement sous le commandement de l’impératrice, les Boxers organisés en milices ne reculent devant aucune barbarie, obligeant les légations étrangères à se replier.
Elles vont subir un siège de 55 jours.

Des dizaines de milliers de civils torturés, des centaines de têtes amoncelées, des corps mutilés exposés…

Pour leur venir en aide, les puissances occidentales (Japon, Royaume-Uni, France, Italie, Etats-Unis, Russie, Autriche-Hongrie) forment l’«Alliance des Huit Nations» et crée un corps expéditionnaire de 100 000 hommes.
En délivrant les légations le 14 août à Pékin, celui-ci découvre l’horreur : des dizaines de milliers de civils, chrétiens ou non, ont été torturés. Les cadavres gisent dans les cours d’eau, des centaines de têtes ont été amoncelées à droite à gauche, des corps ont même été exposés, atrocement mutilés, aux quatre coins de la ville.

La répression occidentale est immédiate et non moins terrible. S’agissant de terroriser la population chinoise, les meurtres et les viols vont se succèder pendant des mois.
L’impératrice Cixi se désolidarise des Boxers et s’enfuit.
Ces derniers, malgré la perte du soutien des troupes impériales, tentent de résister. En vain. Devant les forces militaires occidentales, auxquelles se sont ajoutées les troupes chinoises, ils ne font pas le poids et sont tous supprimés.
Le conflit, sanglant humainement (plus de 50 000 morts) et économiquement parlant, prend fin le 7 septembre 1901 par la signature du traité de Xinchou.