3 septembre… 1928 – Alexander Fleming découvre la pénicilline

En étudiant des staphylocoques qu’il avait mis en culture avant de partir en vacances, le docteur Alexander Fleming découvre, par un total hasard, un champignon microscopique au pouvoir antibactérien qu’il nomme «pénicilline». Cette trouvaille va révolutionner le monde.

Sir Alexander Fleming, découvreur de la pénicilline, à l’œuvre dans son laboratoire de l’Hôpital St. Mary, Paddington, Londres 1930 – ©Michelle Bridges / Alamy banque d’images.

Le hasard fait bien les choses

De retour de vacances ce 3 septembre 1928, Alexander Fleming retrouve son laboratoire de Saint Mary’s Hospital à Londres, où il conduit des expériences sur les staphylocoques. Ses recherches assidues sur des agents antibactériens ont débuté après avoir été témoin, durant la Grande Guerre, de nombreuses morts de soldats atteints de septicémie.
Le médecin, biologiste et pharmacologue de 47 ans, fait autorité dans le domaine et doit écrire un large compte-rendu sur le sujet pour le Conseil de la recherche médicale.

Les cultures bactériologiques ne donnent pas le résultat escompté par Fleming.
Laissées un peu en désordre avant son départ, les boîtes ont en effet été envahies par un amas cotonneux de moisissures verdâtres. Il s’agit là d’une contamination par un champignon microscopique, le Penicillium notatum, sur lequel un de ses collègues, mycologue, travaille dans les mêmes locaux.
Alors qu’il s’apprête à tout désinfecter, le médecin constate qu’autour des moisissures, les staphylocoques ne se sont pas développés. Il suppose alors très justement qu’une substance antibactérienne est sécrétée par le champignon.
Il lui donne le nom de «pénicilline».

Conscient de l’importance de sa découverte, Fleming réoriente quelque peu ses recherches en cours, en étudiant avec succès les effets de la moisissure sur toutes sortes de bactéries. Il constate son action positive sur les staphylocoques et les pathogènes à Gram-positifs comme la scarlatine, la pneumonie, la méningite, la diphtérie…
Il publie un compte-rendu de ses expériences l’année suivante, dans le British Journal of Experimental Pathology.

« Au cours du travail avec différents staphylocoques un certain nombre de cultures furent mises de côté et examinées de temps en temps. Lors de l’examen, ces cultures étaient exposées à l’air et ensemencées par différents micro-organismes. On remarqua qu’autour d’une grande colonie de champignons polluants, les colonies de staphylocoques étaient devenues transparentes et sans aucun doute en voie de dissolution. »

« La pénicilline utilisée en doses massives n’est ni toxique ni irritante … elle peut constituer, par applications ou en injections, un antiseptique efficace contre les microbes. »

Cet article est peu remarqué.
Parallèlement, la Penicillium se révèle difficile à cultiver et à extraire. Fleming se contente d’utiliser les extraits de la moisissure pour fabriquer des milieux sélectifs.
Sa découverte passe ainsi quasi inaperçue.

Rendons à César…

Dix ans plus tard, Howard Walter Florey, professeur australien de pathologie, et Ernst Boris Chain, un biochimiste allemand, s’intéressent ensemble à la pénicilline et à ses possibles bienfaits sur la santé humaine.
Avec deux autres bactériologistes, ils parviennent à purifier la pénicilline et à la tester sur des souris à qui Florey a injecté une dose mortelle de streptocoques. Les petits cobayes survivent.
Les résultats, aussitôt publiés dans la revue Lancet le 24 août 1940, passent là encore inaperçus. Il faut dire que le monde, en pleine Seconde Guerre mondiale, a autre chose à penser.
Pour autant, c’est en partant aux Etats-Unis que Florey va pouvoir prouver l’utilité de la pénicilline au monde, surtout dans le contexte qui l’agite : dans une usine chimique de l’Illinois, le pathologiste découvre une autre moisissure de la même famille : penicillium chrysogenum, qui produit 200 fois plus de pénicilline que la penicillium notatum.
La pénicilline, premier médicament d’une nouvelle famille appelée «antibiotiques» va dès lors contribuer à sauver bon nombre de soldats atteints de maladies microbiennes et d’infections comme la tuberculose ou encore la syphilis.

En 1945, Howard Walter Florey et Ernst Boris Chain, ainsi qu’Alexander Fleming, qui a découvert et nommé la pénicilline, reçoivent le Prix Nobel de physiologie ou médecine.

Mais, de même que Florey et Chain ne sont pas les découvreurs de la penicillium notatum, Fleming n’est pas le premier à avoir constaté l’effet des moisissures sur les bactéries.
Trente-deux ans avant lui, Ernest Duchesne, médecin français, découvrait le pouvoir de neutralisation des premières sur la prolifération des deuxièmes et évoquait cette trouvaille dans une thèse, restée inexploitée…

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