28 août… 1933 – Arrestation de Violette Nozière

De nos jours malheureusement, ce fait divers n’a plus rien de singulier… En 1933, il choque l’opinion publique et le procès de Violette Nozière tient les Français en haleine durant un an. Il s’agit en effet d’un parricide, meurtre d’autant plus rare qu’il est commis ici par une jeune fille de 18 ans.

Dans la nuit du 22 au 23 août 1933, à Paris, les pompiers reçoivent un appel au secours d’une jeune fille. Elle vient de retrouver ses parents inanimés dans l’appartement où elle a senti une forte odeur de gaz.
Elle s’appelle Violette, elle est âgée de 18 ans.
Son père, Baptiste Nozière, ne survit pas au drame. Sa mère, Germaine, est hospitalisée. Elle survivra mais sa fille ne lui rend pas visite. Elle disparaît avant d’être retrouvée 5 jours plus tard.

Violette a été dénoncée par son amant. Sa mère, pendant ce temps, affirme que son mari et elle ont été empoisonnés par leur fille qui voulait toucher leur héritage.

A l’époque, Violette a abandonné ses études et traîne dans Paris, se prostituant pour subvenir aux besoins de son amant, un étudiant et gigolo nommé Jean Dabin. Ses parents, chez qui elle vit toujours, ne lui posent pas de questions. Ils ne se rendent pas compte que leur fille les vole.
Un soir, Violette leur donne à chacun un somnifère indiquant qu’il s’agit d’un médicament destiné à soigner leurs malaises. Une fois qu’ils sont endormis, elle ouvre le gaz et s’en va.

Lorsque Violette est arrêtée le 28 août 1933, elle prétend avoir voulu stopper les agissements de son père qui abusait d’elle depuis des années. Quant à sa mère, elle dit avoir voulu lui épargner la honte de ne s’être rendue compte de rien. Celle-ci dément un quelconque inceste, se porte partie civile contre sa fille, lui hurle «Tue-toi, misérable, tue-toi !». Il faut dire que pour la mère et l’entourage de la famille, le choc est de taille : accuser un conducteur de locomotive modèle au PLM (Paris-Lyon-Méditerranée), époux et père de famille qui n’a jamais fait parler de lui, il y a de quoi en scandaliser plus d’un…
L’«affaire Nozière» va captiver l’opinion publique pendant un an. Un parricide, crime alors très rare, commis par une femme, qui plus est aussi jeune : personne n’a jamais entendu pareille histoire. Même les soeurs Papin, jugées en septembre 1933 pour avoir tué leur patronne et sa fille au couteau et au marteau, ne fascine pas autant les Français.

Que ses accusations, invérifiables, soient vraies ou non, Violette Nozière présente aux yeux de la justice toutes les caractéristiques d’une «criminelle-née». La peine de mort est prononcée le 13 octobre 1934. Mais comme les femmes ne sont plus exécutées depuis 1887, elle sera condamnée aux travaux forcés à perpétuité. En 1938, elle retire ses accusations d’inceste, espérant ainsi la clémence de la justice.

La peine de Violette Nozière sera finalement réduite pour bonne conduite. Son avocat, René Vésine-Larue, obtient sa libération du maréchal Pétain en 1945. Mieux, il la fait réhabiliter en 1963.

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