23 août… 1939 – Signature d’un pacte de non-agression entre l’Allemagne et la Russie

Aussi appelé « Ribbentrop-Molotov« , du nom des deux représentants de l’Allemagne et de la Russie qui l’ont signé, ce pacte entre en vigueur à sa signature, le 23 août 1939 à Moscou. Il est conclu pour une durée de 10 ans. Il sera rompu au bout de deux.

Molotov, assis, signe le traité germano-soviétique à Moscou. Derrière lui, debout, von Ribbentrop (en noir) et Staline. ©National Archives & Records Administration. Domaine public

Des clauses plus ou moins officielles

Joachim von Ribbentrop, ministre des Affaires Etrangères d’Hitler, a convaincu le Führer de se rapprocher de l’URSS, pour mieux démanteler l’Europe centrale, de la Pologne aux pays baltes.
Hitler n’y voit aucune objection. Mieux encore : sachant une guerre inévitable avec les Occidentaux, il s’épargnera ainsi un combat sur deux fronts, Est et Ouest, comme en 1914.
Staline aussi, y voit des avantages : celui d’étendre son territoire à l’Ouest mais aussi de prendre le temps de reconstruire l’Armée rouge, considérablement réduite par les purges.

Le 23 août 1939, à Moscou, le pacte est prêt à être signé.
Côté soviétique, Staline est présent et représenté dans l’affaire par Vyatcheslav Molotov, commissaire aux Affaires Etrangères. Côté allemand, Joachim von Ribbentrop.
Les termes sont les suivants :
«Les hautes parties contractantes s’engagent à s’abstenir de tout acte de violence, de toute agression, de toute attaque l’une contre l’autre, soit individuellement, soit conjointement avec d’autres puissances.»
Les alliés de l’Allemagne à savoir l’Espagne de Franco, l’Italie de Mussolini et le Japon de Hirohito supporteront mal d’être engagés malgré eux dans ce pacte et dans une guerre qu’ils n’ont pas encouragée.

En signant ce pacte, l’URSS s’engage à aider l’Allemagne économiquement en fournissant 1,6 million de tonnes de céréales et 900 000 tonnes de pétrole et d’importantes quantités d’autres matières premières. En échange, l’Allemagne soutiendra l’URSS en terme de technologie.

En plus petits caractères, les deux puissances prévoient aussi le partage de la Pologne. En effet, après l’invasion du pays par la Wehrmacht le 1er septembre 1939, l’Armée rouge entrera dans le pays le 17 septembre.

Inévitables conséquences

Dans les heures qui suivent la signature de ce pacte, les Alliés, aussitôt informés, réagissent. Face à la menace d’invasion de la Pologne qu’Hitler rumine depuis le début de l’année, la France et l’Angleterre renouvellent leur promesse d’assistance au pays.
De fait, quand l’Allemagne envahit la Pologne le 1er septembre, les deux pays occidentaux comprennent alors qu’un conflit est inévitable et ne voient pas d’autre choix que de déclarer la guerre à Hitler.
C’est chose faite le 3 septembre. L’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Népal ou encore le Canada feront de même dans les jours suivants. Une Seconde Guerre mondiale s’engage.

Moins de deux ans après la signature, l’Allemagne rompt le pacte en envahissant l’Union Soviétique. C’est l’opération Barbarossa, le 22 juin 1941. En faisant cela, Hitler compte mener à bien ses ambitions de départ : réduire le bolchévisme à néant et s’arroger les richesses naturelles de l’URSS telles que le pétrole. Il s’agit par la même occasion de poursuivre la conquête des territoires à l’Est et construire ce qui deviendra bientôt l’Empire nazi tel qu’Hitler l’a toujours conçu dans son esprit…