22 août… 1812 – Découverte de Petra

Au sud de l’actuelle Jordanie, cachée au milieu des montagnes dans une région semi-désertique, Petra se dévoile aux yeux d’un jeune suisse de 28 ans, Johann Ludwig Burckhardt, un 22 août 1812. Deux siècles plus tard, elle voit déambuler des milliers de touristes, tous autant émerveillés par sa magnificence.

Petra, Ad Deir – ©Berthold Werner/Wikimedia Commons. Domaine public

Un trésor au milieu du désert

Au coeur du désert de Wadi Rum, au sud de la Jordanie, la sublime cité antique de Petra («rocher», en grec ancien), se révèle chaque année à des centaines de milliers de touristes – elle a attiré plus d’un million de visiteurs en 2019. Taillée dans la roche de grès rose jusqu’à 50 mètres de hauteur, la ville fascine par la complexité de ses sculptures mais aussi par leur remarquable conservation.
Le site dans son ensemble a été classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1985. Petra compte près de 3000 monuments rupestres parmi lesquels plus de 600 tombeaux. Parmi eux, le temple Al Khazneh est de loin le plus emblématique de tous.

Popularisée par des croquis au XIXème siècle, par des photos au XXème, Petra l’a aussi été via une bande dessinée en 1958, l’album Coke en stock de Hergé. Par un film également, Indiana Jones et la dernière croisade, réalisé par Steven Spielberg en 1989. Tintin et Haddock dans l’une, Harrison Ford et Sean Connery dans l’autre, restent bouche bée devant la splendeur des lieux.

Continuellement à l’étude par des chercheurs du monde entier, la ville antique garde une large part de mystère en raison du faible nombre d’écrits antiques qui la mentionnent. Certains d’entre eux ont cependant réussi à déchiffrer quelques chapitres de son histoire, à commencer par celui qui l’a redécouverte le 22 août 1812 : Johann Ludwig Burckhardt.

Un mystère archéologique

Dès l’arrivée du jeune Suisse de 28 ans sur les lieux, le mystère qui entoure Petra est à la mesure de l’émerveillement qu’elle suscite chez son visiteur. Dans ses récits de voyages, publiés après sa mort par l’African Association, Burckhardt décrit :

«Sa situation et sa beauté ont été calculées pour produire une extraordinaire impression sur le voyageur, qui aura emprunté pendant près d’une demi-heure le passage si sombre, et presque souterrain, que j’ai décrit. C’est l’un des plus élégants vestiges de l’Antiquité existant en Syrie. Son état de préservation ressemble à celui d’un édifice que l’on viendrait d’achever, et en l’examinant de plus près, j’ai constaté que sa construction a dû exiger un labeur considérable.»

ou encore :

«Là, le sol est couvert d’amas de pierres taillées, de fondations d’édifices, de fragments de colonnes et de vestiges de rues pavées – tout cela indiquant clairement qu’une grande cité existait jadis à cet endroit. […] Grande doit avoir été l’opulence d’une ville qui pouvait dédier de tels monuments à la mémoire de ses gouvernants.»

Ce ne sont à l’époque que des suppositions, qui s’avèrent en réalité exactes.
A cela, les chercheurs qui se succèdent au cours des deux siècles suivants, peuvent ajouter d’autres précisions…

Entre le IVème siècle avant J.-C. et le IIème siècle après J.-C., Petra n’est autre que la capitale d’un vaste territoire qui s’étend sur toute la Jordanie, le sud de la Syrie et le nord-ouest de l’Arabie Saoudite. Elle est un haut lieu du commerce de l’encens et des épices. Ce territoire est celui du peuple nabatéen, riche tribu de caravaniers nomades venus d’Arabie et sédentarisés au fil du temps.
Protégée par les montagnes désertiques qui l’entourent, Petra s’est préservée des envahisseurs jusqu’à son annexion à l’Empire romain en l’an 106. Laissée à l’abandon, elle sort de l’oubli en 1812.

La cité rose est révélée au monde à travers les écrits de Johann Ludwig Burckhardt publiés en 1822. Ceux de Léon de Laborde et Louis M. Linant de Bellefonds, deux voyageurs français venus à leur tour contempler cette merveille, en 1828, apporteront leur contribution.

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