21 août… 1911 – Vol de la Joconde au Musée du Louvre

Aujourd’hui extrêmement surveillé, il faudrait un miracle pour réussir à subtiliser le tableau de La Joconde sans se faire voir. En 1911, le 21 août au matin, le musée du Louvre était moins méfiant et l’un des habitués des lieux, Vincenzo Peruggia, y est parvenu…

Mona Lisa, by Leonardo da Vinci, from C2RMF retouched. Domaine public

Un coup de maître

Peinant à trouver du travail en Italie, Vincenzo Perrugia est arrivé en France en 1908.

Il est employé par la maison Gobier, une entreprise de verrerie chargée par le Louvre, entre 1909 et 1911, de mettre sous verre près de 1600 oeuvres. Le musée est en effet le théâtre de vandalisme depuis trop longtemps.
Assigné à cette tâche avec quatre autres ouvriers, Vincenzo Perrugia se familiarise rapidement avec les lieux qu’il fréquente tous les jours. Etant le plus qualifié, il découpe et polit seul les verres destinés aux toiles italiennes du Salon Carré, où se situe la Joconde. Il a donc tout le loisir de les observer et, son travail l’imposant, de maîtriser l’accrochage et le décrochage des tableaux…

Lundi 21 août 1911, à 7 heures du matin, Vincenzo Perrugia entre dans le Louvre vêtu de sa blouse de travail. Celui-ci est presque achevé. Une fois seul dans le Salon Carré, il décroche l’oeuvre de Léonard de Vinci. Après avoir débarrassé la Joconde de son cadre, il la dissimule sous sa blouse. Il quitte ensuite le musée sans être inquiété, et rentre chez lui dans le Xème arrondissement de Paris.

«Il arrive chez lui avec le tableau et se décoiffe pour faire semblant d’être tombé du lit. Il dit à la concierge « Mamma mia, je suis en retard, hier on a fait la bringue » et il a son alibi!», raconte à la presse son petit-fils, Silvio Perrugia.
Lorsqu’il est interrogé par la police avec les autres ouvriers, ce même alibi, plausible, sera enregistré.

Une romance italienne ?

Vincenzo Perrugia garde le tableau sous son lit durant 2 ans.
Pendant ce temps, le vol fait les Unes de la presse. L’oeuvre, de petite taille, a beau ne pas être très célèbre à l’époque, le larcin n’en est pas moins spectaculaire! Les interrogatoires se multiplient. Même Picasso et Apollinaire sont soupçonnés !
Vincenzo quant à lui, a repris le cours de son existence. Jusqu’en 1913 où il entreprend de rendre le tableau à sa patrie d’origine, l’Italie. Là-bas, il tentera de le revendre.

A Florence, il contacte un antiquaire du nom d’Alfredo Geri.
Ce dernier fait appel à Giovanni Poggi, directeur de la galerie des Offices, qui authentifie l’oeuvre.
Les deux hommes gardent la peinture et appellent aussitôt la police, qui interpelle Peruggia.

Après une tournée en Italie, la Joconde retourne au Louvre, à sa place, début 1914. Elle devient dès lors l’un des tableaux les plus célèbres de l’histoire.
Vincenzo Peruggia de son côté, affirme avoir agi par « patriotisme » en volant l’oeuvre.
Certains préfèrent l’idée évoquée d’un coup de foudre de l’homme pour Mona Lisa. Une romance à l’italienne, quoi.

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