20 août… 1955 – Emeutes et massacres à Philippeville

La commune de Philippeville et plusieurs autres villes de la région du Constantinois, en Algérie, sont le théâtre le 20 août 1955 de manifestations violentes et d’horribles massacres perpétrés par le FLN (Front de Libération Nationale) puis par les autorités françaises.

Sus aux colons

Le 1er novembre 1954, des attaques orchestrées par le FLN surviennent dans diverses régions de l’Algérie. Elles visent des bases militaires, commissariats, entrepôts, bâtiments publics… Militaires et civils français sont visés. Un couple d’instituteurs, les Monnerot, est attaqué dans un bus.
Depuis le Caire, le FLN invite le peuple d’Algérie à lutter pour la «restauration de l’Etat algérien, souverain, démocratique et social, dans le cadre des principes de l’islam» et ainsi lutter contre l’occupation française depuis un siècle et demi.

François Mitterrand, alors ministre de l’Intérieur, déclare :
« À la volonté criminelle de quelques hommes doit répondre une répression sans faiblesse. Qu’on n’attende de nous aucun ménagement à l’égard de la sédition, aucun compromis avec elle. On ne transige pas lorsqu’il s’agit de défendre la paix intérieure de la Nation et l’intégrité de la République. Les départements d’Algérie font partie de la République, ils sont français depuis longtemps. Jamais la France, jamais aucun parlement, jamais aucun gouvernement ne cédera sur ce principe fondamental. L’Algérie, c’est la France et non un pays étranger que nous protégeons. »

De nombreux militants algériens pour l’indépendance sont arrêtés.
En avril 1955, l’état d’urgence est décrété en Algérie.

La liberté par le sang

Le 20 août, le FLN frappe plus fort.
Dans le Constantinois, une quarantaine de villes, parmi lesquelles Philippeville, sont le théâtre de massacres contre les Français et les musulmans soi-disant complices.
A coups de haches et de pioches, des milliers d’hommes encadrés par des moudjahidin s’acharnent sur des hommes, des femmes et des enfants, y compris des nourrissons.
Viols, égorgements, éventrations… Près de 170 personnes sont tuées de façon atroce, dont environ 95 Européens.
A Philippeville, les combattants du FLN lancent un assaut, stoppé par les forces de l’ordre en quelques heures. Là aussi, plus d’une centaine de personnes sont tuées, algériens et français. La police procède à 700 arrestations. Des victimes, civiles et militaires, sont aussi à déplorer après la répression de la France à l’égard des indépendantistes : 1273 Algériens selon la version officielle des autorités françaises, 12 000 morts et disparus d’après le FLN.

Amorcée presque un an auparavant, la guerre d’Algérie achève cet été-là d’être engagée.
Elle durera 8 ans. A son terme en 1962, le pays gagne son indépendance.