19 août… 1839 – Création du daguerréotype, à l’origine de la photographie

A l’Institut de France, le 19 août 1839, Louis-Jacques-Mandé Daguerre présente son invention, surnommée le daguerréotype. Ce procédé photographique mis au point par le décorateur va révolutionner le monde et ses méthodes de communication.

Un tournant scientifique

Louis Daguerre est peintre et décorateur de métier. Il est reconnu pour sa technique du trompe-l’oeil – un diorama dans l’église de Bry-sur-Marne, qu’il a réalisé en 1842, en est un bel exemple. Avec Pierre Prévost, un spécialiste des panoramas qui l’emploie, Daguerre apprend à se servir de la « camera obscura » (« chambre noire » – instrument optique permettant d’obtenir une vision en deux dimensions très proche de la vision humaine) pour préparer d’immenses toiles en trompe-l’oeil.
L’homme se passionne pour les techniques de capture d’image. Il rencontre ainsi l’ingénieur Joseph Nicéphore Niépce, avec lequel il va approfondir ses recherches sur le sujet.

En 1837, Louis Daguerre tente un procédé inédit : fixer l’image positive (soit telle que dans la réalité) obtenue dans la camera obscura, sur une plaque de cuivre recouverte d’une couche d’argent sensibilisée à la lumière par des vapeurs d’iodes. Le temps d’exposition oscille entre 20 et 30 minutes.
En 1514 déjà, Léonard de Vinci expliquait : «En laissant les images des objets éclairés pénétrer dans un petit trou dans une chambre très obscure, tu intercepteras alors ces images sur une feuille blanche placée dans cette chambre.»
L’utilisation de cette camera obscura date de bien avant le XIXème siècle. le peintre Vermeer notamment, l’a utilisée pour peindre une partie de son oeuvre, au XVIIème siècle.

Pour la développer, l’image est positionnée au-dessus d’un récipient contenant du mercure chauffé à 75°C. Puis, l’image est plongée dans de l’hyposulfite de soude.

Si le daguerréotype n’est pas le véritable premier procédé photographique, il est celui par lequel l’image est enregistrée et affichée de façon suffisamment exploitable, et permanente.

Un nouveau regard sur le monde

Présenté le 19 août 1939 par Daguerre, le daguerréotype fait sensation auprès de la communauté scientifique. La réalité est immortalisée telle quelle et va offrir un regard inédit sur le monde.

Le brevet est aussitôt acquis par le gouvernement français, ce qui permet à l’Académie des Sciences d’en «doter libéralement le monde entier».
Dès septembre, le procédé franchit les frontières et rencontre un succès phénoménal à l’étranger.

Dès les années 1840, le daguerréotype reçoit de nombreuses améliorations, notamment sur le temps de pose : d’une quinzaine de minutes par temps clair en 1839, il passe à environ une minute.
Les photographies ne sont dès lors plus uniquement des natures mortes!

Cependant, le daguerréotype sera préféré au bout d’une dizaine d’années à des procédés plus rapides et négatifs, permettant la reproduction de l’image.
L’ambrotype, le ferrotype, le manotype, la photographie à l’albumine pour ne citer qu’eux, sont ses dignes successeurs…

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