18 août… 1966 – Lancement de la Révolution culturelle par Mao

Après l’échec du Grand Bond en avant et sa démission de la présidence de la République populaire de Chine, Mao Zedong a ruminé sa revanche contre ses opposants au sein du Parti Communiste Chinois (PCC). Elle prend toute sa dimension à travers la Révolution culturelle, lancée le 18 août 1966.

Portrait de Mao Zedong sur la place Tienanmen – ©Zhang ZhenshiFlickr/Wikimedia Commons (CC BY 2.0)

Au nom du communisme

Fondateur du PCC en 1921, chef du parti en 1935, puis fondateur et président de la République populaire de Chine dès 1949, Mao Zedong voue son existence à l’idéal communiste.

  • en prenant exemple sur le modèle soviétique, entre 1953 et 1956. Il lutte contre le principe de classes, fait collectiviser les terres, fait augmenter drastiquement la production agricole, instaure le culte de la personnalité…
  • en cultivant le maoïsme, doctrine professant le communisme pur, authentique, édicté par Karl Marx, où moralisme et volontarisme doivent s’ériger contre le révisionnisme et permettront l’avènement d’une société égalitaire.
  • en dénichant les traîtres au sein du parti communiste, en menant campagne contre les « droitistes ». 500 000 personnes sont ainsi envoyées sur l’ordre de Mao en camp de rééducation.
  • en lançant le Grand Bond en avant, en 1958. Mao veut rompre avec les traditions réactionnaires et rattraper économiquement la Grande-Bretagne en 15 ans. Il prône le travail manuel et fait envoyer des milliers de fonctionnaires du PCC cultiver les champs. Des communes populaires voient le jour.
    Ce Grand Bond en avant se révèle cependant être un grand échec : les récoltes pourrissent, la famine s’installe… L’historien Yang Jisheng parle de 36 millions de victimes.
  • en organisant la Révolution culturelle

Après le désastre du Grand Bond en avant, Mao a démissionné de la présidence de la République, remplacé par Liu Shaoqi, l’un des six vices-présidents du PCC. Il souhaite renforcer la collaboration militaire avec l’URSS, tandis que Mao, toujours chef du parti, souhaite s’en détacher. La rupture intervient en 1960.
Les oppositions au sein du PCC grandissent.
De 1962 à 1966, notamment avec le soutien de sa quatrième épouse Jiang Qing, Mao se dresse contre Liu Shaoqi et Deng Xiaoping, plus modérés et soupçonnés de vouloir restaurer le capitalisme en Chine.
En 64, il fait éditer le Petit Livre rouge, condensé de ses meilleures citations, qui servira à entretenir le culte de Mao.
Mao décide alors de déclencher une «révolution culturelle» contre les ennemis à l’extérieur et au sein du Parti communiste, les intellectuels, ces éléments «bourgeois» qui gangrènent le gouvernement et l’armée.

Mao au sommet

L’objectif de la Révolution culturelle : effacer toute trace de capitalisme et de ses représentants physiquement et idéologiquement, en éliminant les «Quatre Vieilleries» (vieilles idées, culture, coutumes et habitudes) et en créant «l’homme nouveau». Il rallie à lui la jeunesse qui forme les Gardes rouges.
A compter du mois d’août 1966, des manifestations violentes d’étudiants et de lycéens se multiplient dans le pays. Ils s’élèvent contre les hiérarchies de toutes les administrations, à commencer par celle du PCC.

En 1968, le parti, avec l’ennemi capitaliste qui s’y dissimulait, est brisé. La révolution de Mao a réussi.
Le dirigeant chinois veut à présent rétablir l’ordre : prétextant une «régénération au contact des réalités», il fait envoyer des millions de jeunes dans les campagnes.
La Révolution culturelle a achevé de positionner Mao Zedong, dont l’influence dépassera de loin les frontières de la Chine, au sommet du pouvoir.

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