16 août… 1861 – Une femme passe le baccalauréat !

Cette journée est historique. Pour Julie-Victoire Daubié, 37 ans, mais aussi pour les féministes qui voient en elle un exemple à suivre. Ce 16 août 1861, Julie-Victoire Daubié est la première femme à obtenir le baccalauréat. Un exploit dont elle ne se contentera pas.

Julie-Victoire Daubié, première bachelière le 16 août 1861. ©Pierre Petit/Bibliothèque Marguerite Durand. Domaine public

Eduquée…

Après que sa candidature a été refusée à l’Académie de Paris et à celle d’Aix-en-Provence, c’est à Lyon que Julie-Victoire Daubié se présente à l’examen du baccalauréat. L’Académie de la ville lui décerne par 6 boules rouges (avis favorable), 3 boules blanches (abstention) et 1 boule noire (avis défavorable).
Un membre du jury déclare qu’«on peut citer un certain nombre de femmes qui, au Moyen-Âge et surtout à l’époque de la Renaissance, ont obtenu leur bonnet de Docteur, mais Mademoiselle Daubié est certainement le premier bachelier de sexe féminin qu’ait proclamé l’Université de France.»

Julie-Victoire s’est donné du mal pour en arriver là, luttant contre les stéréotypes et les vieilles traditions. Détentrice à 20 ans du brevet d’enseignante (certificat de capacité), elle s’insurge contre le fait que les institutrices religieuses soient exemptées de l’examen qui permet d’enseigner et en fait l’un de ses premiers combats.

Elle étudie le latin et le grec et s’inscrit au Muséum d’Histoire naturelle de Paris où elle suit les cours de zoologie d’Isidore Geoffroy Saint-Hilaire.

… et engagée

Parallèlement, la jeune femme s’émeut du sort des pauvres et des injustices à l’égard des femmes dans la société. Elle écrit un essai, La femme pauvre au XIXème siècle, récompensé en 1859 du premier prix du concours de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon.

Julie-Victoire Daubié a 37 ans lorsqu’elle obtient le baccalauréat, toujours à Lyon.
La presse la félicite et l’encourage par ces mots : «Mademoiselle Daubié ouvre une nouvelle voie aux femmes […] qui, comme elle, ont reçu en partage la force de la volonté et les dons de l’intelligence.»
En sus de ses activités bénévoles, Julie-Victoire Daubié se lance dans le journalisme et écrit dans l’hebdomaire de Léon Richer, Le Droit des femmes.
Elle prend fait et cause pour les enfants adultérins, privés de droits par le Code Napoléon. Elle lutte pour l’accès des femmes à l’éducation et à l’enseignement supérieur.

En 1871 justement, Julie-Victoire Daubié, qui s’est inscrite à la Sorbonne, devient la première femme à obtenir une licence ès Lettres. Il faut savoir qu’à cette époque, si les femmes pouvaient s’inscrire aux examens, elles ne pouvaient pas suivre les cours en amphithéâtre avec les hommes…
Félicitée par le ministre de l’Instruction, Julie-Victoire Daubié ouvre alors une large voie à l’émancipation et à l’accès à l’enseignement de la femme.

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