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12 août… 1961 – Construction du mur de Berlin

Pour contrer l’exode massif des Allemands de l’Est vers l’Ouest, les Soviétiques érigent un mur dans Berlin, dans la nuit du 12 au 13 août 1961. Symbole de la Guerre froide, il achève de diviser la ville et le monde tout entier.

Mur de Berlin – ©SusaTom / Flickr. Domaine public.

L’occupant devient l’occupé

Après la capitulation sans conditions de l’Allemagne le 8 mai 1945, les pays vainqueurs se divisent la ville de Berlin: l’URSS contrôle l’Est de la ville, tandis que les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France se partagent l’Ouest.
Cette division s’étend à l’échelle du pays, en 1949, avec la création de la RFA (République fédérale d’Allemagne) créée par les Alliés d’un côté, et la RDA (République Démocratique Allemande) de l’autre.
Ces deux Allemagnes et plus largement, ces deux Europes, scindées en deux par un «rideau de fer» cristallisent les tensions qui se sont progressivement installées dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, entre les Etats-Unis et l’URSS. Cette Guerre froide entre les 2 grandes puissances perdurera jusqu’à la chute du régime soviétique en 1989.

Bien qu’en partie contrôlée par les Alliés, la ville de Berlin se retrouve donc, dès 1949, isolée en RDA.
Jusqu’en 1961, près de 3 millions de Berlinois de l’Est fuient à l’Ouest, représentant, économiquement et idéologiquement, une perte considérable pour le régime soviétique.
Pour stopper cet exode massif, l’URSS va trouver la solution…

Le «mur de la honte»

Dans la nuit du 12 au 13 août 1961, les soviétiques entament la construction d’un mur qui va séparer une bonne fois Berlin-Est et Berlin-Ouest. Il est essentiellement composé de barbelés. 69 points de contrôle sont fermés, 12 restent ouverts. Cette clôture, qui s’étend au début sur 155 km, va progressivement être allongée et renforcée à mesure que les tentatives d’évasion vont se multiplier.
En briques d’abord, puis constitué de câbles d’acier et de béton, l’édifice mesure finalement entre 3,5 et 4 mètres de haut.
Son sommet est arrondi afin que personne ne puisse s’y accrocher et sa base est bordée par la «bande de la mort». Large de 40m à 1,5km, elle est composée d’un fossé, d’une clôture, de systèmes d’alarme et d’une route où des militaires se succédent sans interrruption, armés jusqu’aux dents et escortés par des chiens.

Ce dispositif ne décourage pas les plus téméraires : entre 1961 et 1989, plus de 5000 personnes tentent de s’évader. Plus de 3000 d’entre elles sont arrêtées dans leur élan, et près de 100 sont tuées.
Au Musée du mur de Checkpoint Charlie (= «point de contrôle C», « Charlie » ne servant qu’à désigner la lettre « C ») à Berlin, les tentatives d’évasion qui y sont relatées rivalisent d’originalité…

Aux yeux des Allemands, dont des milliers de familles se retrouvent séparées, ainsi qu’aux yeux du monde, ce mur prend vite le qualificatif de «mur de la honte»

La réunification en marche

De tous les acteurs de la réunification de l’Allemagne, Willy Brandt en est sans nul doute l’un des principaux. Résistant au nazisme jusqu’à la fin de la guerre, il lutte pour la liberté contre le totalitarisme soviétique, en qualité de maire de Berlin-Ouest, de 1957 à 1966.
Ministre des Affaires Etrangères de 1966 à 1969, il oeuvre sans relâche à un rapprochement avec la RDA et les pays de l’Est.
Devenu chancelier en 1969 (il le restera jusqu’en 1974), il met en oeuvre l’Ostpolitik, une politique d’ouverture et de détente avec l’Europe communiste de l’Est…

En 1989, un vent de renouveau souffle sur l’Est du Vieux continent.
Des pays communistes, outre la Roumanie et la RDA, se libéralisent petit à petit sous l’impulsion de la Russie, dirigée par Mikhaïl Gorbatchev.
La résistance reprend des forces et les passages à l’Ouest par des pays comme la Tchékoslovaquie et la Hongrie, qui ont ouvert leurs frontières, reprennent de plus belle.
Cédant à la pression de la population qui ne recule plus devant rien pour faire entendre sa voix, Erick Honecker, dirigeant de la RDA, est écarté du pouvoir le 18 octobre et le gouvernement doit lâcher du lest sur la liberté de circulation.

Le 9 novembre 1989 dans la soirée, un communiqué stipule que «les voyages privés vers l’étranger peuvent être autorisés sans présentation de justificatifs, motifs du voyage ou lien de famille».
Cette réglementation entrant aussitôt en vigueur, des centaines d’Allemands de l’Est affluent vers les points de contrôle pour vérifier que le gouvernement a dit vrai.
Les gardes frontières, qui n’ont encore reçu aucune consigne, hésitent. Ils finissent par lever les barrières. Les Berlinois des deux côtés se retrouvent alors dans une telle explosion de joie que les dirigeants de l’Est sont tentés de reprendre le contrôle de la situation.
Se rendant bien vite compte qu’ils n’y parviendront pas, ils laissent la population abattre le mur qui l’a divisée pendant 28 longues années.

Le 22 décembre 1989, à la porte de Brandebourg, l’Allemagne est officiellement réunifiée.