5 août… 1305 – Capture du rebelle écossais William Wallace

On le connaît sous les traits peinturlurés en bleu de Mel Gibson, qui l’a interprété dans Braveheart (1995). Pour les Ecossais, William Wallace est un héros légendaire, symbole du combat de son pays pour l’indépendance.

William Wallace (vue d’artiste, XVIIIème siècle). ©Spisak Bence/Wikimedia Commons. Domaine public

Gardien du royaume d’Ecosse

Fils cadet de Sir Malcolm Wallace, sans doute formé dans l’armée anglaise en tant qu’archer, William Wallace devient en 1297, le leader du soulèvement des Ecossais pour l’indépendance de leur pays. Un an avant, Edouard Ier d’Angleterre a défait le roi John Baillol à Dunbar et s’est autoproclamé roi d’Ecosse.
En 1297, au mois de mai, Wallace tue le haut shérif anglais de Lanark, William de Heselrig.
La légende évoque un acte de vengeance, après l’assassinat par ce dernier de la femme de Wallace, Marion Braidfute. Mais nul ne peut certifier l’existence de cette dernière.

Quoiqu’il en soit, ce crime par Wallace le met hors-la-loi.
Il est très vite rejoint dans sa rébellion par d’autres nobles nationalistes, avec lesquels il massacre la garnison anglaise ce même mois de mai. Parmi les grands seigneurs ralliés à sa cause : William Douglas, Robert Wishart, James Stewart le grand sénéchal et Robert Bruce le Jeune, l’un des prétendants au trône d’Ecosse.
La nouvelle d’un soulèvement s’est répandue comme une traînée de poudre : un peu partout en Ecosse, des nobles se rebellent dont Andrew Murray dans le Nord.
Wallace et Murray joignent leurs forces le 11 septembre, lors de la bataille du Pont de Stirling.

Malgré leur infériorité numérique, les Ecossais remporte une large victoire sur l’armée anglaise. Wallace et Murray prennent alors le titre de Gardien du Royaume d’Ecosse. Ce dernier mourra de ses blessures quelques semaines après.

Monument William Wallace, près de Stirling (Ecosse). ©Finlay McWalter – Own work, CC BY-SA 3.0

En 1298, profitant d’une trève dans sa guerre avec la France, Edouard Ier se concentre sur la rébellion écossaise. Il reprend le contrôle de plusieurs villes, comme Berwick et Roxburgh, et écrase l’armée de rebelles à Falkirk le 22 juillet.
Wallace est défait. Il abandonne son titre de gardien du royaume et se réfugie en France avec d’autres chevaliers écossais. De retour vers 1303-1304, il reprend son combat contre l’occupant anglais.
Le 5 août 1305, près de Glasgow, il est trahi et capturé par Sir John de Menteith, un noble écossais qui a prêté allégeance à la couronne d’Angleterre. Wallace est condamné à mort pour haute trahison le 22 août à Londres.
Son exécution est d’une extrême violence (traîné par les pieds par des chevaux, moitié pendu, émasculé, éventré, le feu mis à ses entrailles, décapité et découpé en morceaux), un traitement de faveur paraît-il…

Cette mise à mort, censée décourager les Ecossais de se rebeller, renforce au contraire leur détermination.
Robert Bruce, digne successeur de William Wallace, va poursuivre le combat pendant 9 ans. En 1306, il est couronné roi d’Ecosse. En 1314, il mène son pays à la victoire sur l’Angleterre à la bataille de Bannockburn. Il fait ainsi reconnaître l’indépendance de l’Ecosse, qui sera effective en 1328.

De William Wallace à Braveheart

Sorti en 1995, le film Braveheart relate la vie de William Wallace, sans pour autant se limiter à la réalité des faits. Il faut dire que celle-ci est assez sommaire et/ou varie selon les écrits – parmi les plus célèbres et les plus vraisemblables, le poème The Wallace de Harry l’Aveugle (Henri le Ménestrel).
Il est donc logique que certains éléments aient été ajoutés pour fluidifier le récit.
Quant aux éléments déjà existants, certains ont été modifiés. Par exemple :

  • Sous les traits de Mel Gibson, Wallace est un fermier et non un noble (même petit).
  • Les hommes portent tous le kilt or ce vêtement n’existe pas encore à cette époque, du moins en Ecosse.
  • Isabelle, fille du roi de France Philippe IV chargée de parlementer avec Wallace et interprétée par Sophie Marceau, n’a que 3 ans à l’époque… Elle n’a donc pas entretenue d’idylle avec le hors-la-loi.
  • Wallace est trahi par Robert Bruce, lequel se rachete ensuite à Bannockburn. En réalité, ce dernier ne l’a jamais trahi. Le traître est bien John de Menteith.
  • Le surnom de Braveheart – et titre du film – attribué à Wallace était en fait le surnom donné à Robert Bruce devenu Robert Ier, roi d’Ecosse

Si ces vérités méritent d’être signifiées, Braveheart n’en reste pas moins aujourd’hui une référence cinématographique en matière de films de romance et d’aventure historique (avec The Patriot notamment… tiens, tiens !).
Sa bande-son, ses costumes, son décor, ses scènes de combat ont valu au film de Mel Gibson 9 prix (3 BAFTA, 5 oscars et 1 Golden Globe) et 12 nominations !