1er août… 1944 – Insurrection à Varsovie

Ce 1er août 1944, la Pologne comptabilise 4 ans et 11 mois de terreur nazie sur son territoire, depuis son invasion par l’Allemagne le 1er septembre 1939. C’est ce jour d’été, un mardi, à 17.00 précises, que l’état-major de l’AK (Armia Krajowa), armée de l’intérieur polonaise, a choisi pour engager une révolte du pays contre son ennemi.

Monument hommage place Krasińskich, à Varsovie – Photo par Kamyq de Pixabay

Près de 50 000 hommes et femmes affrontent 39 000 soldats allemands dans la capitale.
Mais seule à peine la moitié des forces polonaises est armée, tandis que l’ennemi l’est dans sa totalité.
De plus, les Polonais sont bien mal préparés. Soldats comme résistants agissent en groupes isolés, sans aucune coordination.
Résultat : l’effet de surprise voulu au départ est quasi nul et les Allemands gardent sans peine le contrôle des sites stratégiques de Varsovie.

Du 1er août… au 2 octobre

Même si son issue est prévisible dès le début, l’insurrection s’étend sur 63 jours.
Dès le 3ème jour, soit le 4 août, les nazis contre-attaquent avec une violence inouïe.
A Wola, en périphérie de la capitale, des détachements SS fusillent 40 000 civils. Seul un ordre d’Hitler de déporter les survivants les arrête.
A Varsovie même, les insurgés tombent comme des mouches sous les balles et les hôpitaux sont bombardés.
En septembre vient s’ajouter le manque d’eau et de nourriture, poussant la ville devenue fantôme à capituler le 2 octobre.

La Pologne compte ses morts : près de 22 000 combattants et environ 200 000 civils. Côté allemand, 17 000 morts et 7 000 disparus.

Une Pologne trahie…

Au moment de se révolter, la Pologne comptait sur le soutien de l’Armée Rouge de Staline. A tort.
Staline a certes toujours eu l’intention de débarrasser le pays de l’occupant nazi, mais pas à n’importe quel prix. Or, en accompagnant les insurgés polonais dans les combats, les pertes humaines allaient être trop lourdes.

De plus, l’objectif de Staline n’a jamais été d’aider son soi-disant allié à recouvrer sa liberté, mais bien d’en prendre le contrôle à son tour après que l’Allemagne en eût été délogée !
A cette fin, il a fait installer un gouvernement provisoire pro-communiste, à Lublin le 22 juillet 1944. Soit 8 jours avant le début de l’insurrection.
Et le 1er août, alors que l’Armée Rouge était aux portes de Varsovie, ordre lui a été donné de rester en retrait…
C’est ainsi que Staline a pu conquérir Varsovie, ou ce qu’il en restait, le 17 janvier 1945 : avec tous ses moyens et sans effort aucun.

… mais fière

Si l’insurrection a été un cuisant échec, elle reste, à raison, un événement déterminant dans l’histoire de la Pologne, grande victime de la Seconde Guerre mondiale. Une fierté dont les Polonais, compte tenu de leurs moyens et de l’acharnement de l’Allemagne et la Russie à effacer leur pays de la carte, peuvent largement se targuer.

Souvent confondue avec le soulèvement du ghetto de Varsovie (19 avril au 16 mai 1943), l’insurrection de la capitale a enfin trouvé sa propre place dans la mémoire collective européenne et mondiale, avec l’ouverture du Musée du soulèvement de Varsovie, 60 ans après, en 2004.