29 juillet… 1836 – Inauguration de l’Arc de Triomphe

Trente ans après la pose de la première pierre, le roi des Français, Louis-Philippe Ier, inaugure l’Arc de Triomphe, qui rend hommage aux grandes batailles de la Révolution et du Premier Empire.
Aujourd’hui ce monument historique voulu au départ par Napoléon Ier est l’un des plus symboliques de Paris. Il est aussi l’un des plus visités.

Arc de Triomphe, place de l’Etoile, Paris ©iankelsall1/Pixabay (CC0 1.0 Universal)

Un hommage colossal

Erigé pour célébrer les grandes batailles de la Révolution et de l’Empire, l’Arc de Triomphe est de loin le plus imposant des 4 arcs existant dans Paris (Porte Saint Denis, Porte Saint Martin, l’Arc de Triomphe du Carrousel et celui de l’Etoile).
L’Arc de Triomphe, le colossal, celui qui se visite, pèse 50 000 tonnes (le double avec les fondations).
Haut de 50m, long de 44,8m et large de 22,2m, surplombant les Champs-Elysées et s’alignant parfaitement avec l’arche de la Défense et l’Obélisque de la Concorde, l’Arc de Triomphe est immanquable.
Et en juste retour des choses, depuis sa terrasse panoramique, celui-ci offre une vue imprenable sur Paris.
Vue dont près d’1,8 million de visiteurs par an montent profiter chaque année.

L’édifice a été voulu par Napoléon Ier. En février 1806, l’empereur ordonne la construction d’un Arc de Triomphe pour rendre hommage à la Grande Armée. Deux mois avant, au lendemain de la victoire d’Austerlitz (2 décembre 1805), ce dernier faisait une promesse à ses soldats :
«Je vous ramènerai en France. Vous ne rentrerez dans vos foyers que sous des arcs de triomphe.»

Le 15 août 1806, la première pierre du futur monument est posée. L’arc sera édifié par l’architecte Jean-François Chalgrin dont le projet est adopté par décret impérial le 27 mars 1809.
Obéissant au souhait de Napoléon de renouer avec la tradition romaine, Chalgrin s’est inspiré de l’arc de Titus, à Rome.
Pendant ce temps, devant le Louvre, un autre arc de triomphe est sorti de terre : l’arc du Carrousel, surmonté d’un quadrige (char de quatre chevaux) en bronze, conçu par les architectes Percier et Fontaine pour célébrer les victoires militaires de 1805 (Elchingen, Ulm, Austerlitz)

Un faux pour l’empereur, un vrai pour le roi

Le jour de son mariage avec Marie-Louise d’Autriche, prévu le 2 avril 1810, Napoléon souhaite faire son entrée avec l’impératrice par l’Arc de Triomphe. Celui-ci n’étant pas encore érigé, il est remplacé par une maquette grandeur nature en bois et toile peinte installée par Chalgrin.

L’architecte meurt subitement le 21 janvier 1811. Son collaborateur Louis-Robert Goust reprend le projet mais des difficultés économiques engendrées par la campagne de Russie en 1812, font interrompre le chantier (de même que celui du pont d’Iéna, qui a démarré en 1808). L’Arc est alors construit jusqu’aux voûtes.
La chute de l’Empire en 1815 prolonge ensuite sa fermeture de presque 10 ans.
Louis XVIII reprend vaguement la reconstruction à son compte avec Goust puis Huyot.
L’édifice doit son achèvement à Louis-Philippe Ier, élu roi des Français en 1830.
Celui-ci reprend le projet voulu par Napoléon, mais afin de rassembler les Français, élargit l’hommage aux batailles de l’Empire ET à celles de la Révolution, soit de 1792 à 1815.

Le monumental Arc de Triomphe est finalement inauguré le 29 juillet 1836.
Il achève d’être consacré officiellement 4 ans plus tard quand, le 15 décembre 1840, le char funèbre transportant le corps de Napoléon, ramené de Sainte-Hélène, passe sous sa voûte…

Au service du passé et du présent

Sur l‘Arc de Triomphe en lui-même, quantité de noms et de scènes gravés et sculptés rappellent ce à quoi il était prédestiné : le monument rend hommage à 128 batailles de la République et de l’Empire et aux 660 généraux qui y ont participé. A noter aussi tout particulièrement :
– 4 hauts-reliefs ornent les piédestaux : le Départ des volontaires de 1792, de Rude, le Triomphe de Napoléon, de Cortot, la Résistance de 1814 et la Paix de 1815, d’Etex.
– 6 bas-reliefs sur les faces de l’Arc, représentent les Funérailles du général Marceau en 1796, la Bataille d’Aboukir en 1799, la Bataille de Jemmapes en 1792, le Passage du Pont d’Arcole en 1796, la Prise d’Alexandrie en 1798 et la Bataille d’Austerlitz en 1805.
– 100 plots encerclent l’Arc, symbolisant les Cent-Jours.

Hommage à la période 1792-1815, l’Arc de Triomphe l’est aussi devenu dès 1921 pour celle de la Première Guerre mondiale (1914-1918) avec sous sa voûte, la tombe du Soldat inconnu.
En digne symbole militaire, il est aussi le point de départ de chaque défilé du 14-Juillet, sous lequel flotte le drapeau français à chaque commémoration.

Et, comme pour ajouter encore un peu de prestige à l’édifice, le Soleil se couche dans son axe 6 fois par an (les 7, 8 et 9 mai et les 3,4,5 août) et s’y lève 4 fois (les 4, 5 et 6 février et le 7 novembre).

A l’automne 2021, le monument sera empaqueté à l’aide de 25000 mètres carrés de tissu recyclable en polypropylène argent bleuté et 7000 mètres de corde rouge. Ce projet monumental est celui de l’artiste Christo (le même qui avait emballé le Pont Neuf), décédé le 31 mai 2020, à qui la mairie de Paris rendra hommage en maintenant l’opération comme prévue au départ.

1 réflexion sur « 29 juillet… 1836 – Inauguration de l’Arc de Triomphe »

  1. Laurent

    Bravo Astrid, j’ai passé un petit moment bien intéressant avec toi Toujours agréable de découvrir ce qui nous entoure sans le connaître vraiment …
    Quelle documentation !!!
    Merci ….
    Isabelle Laurent

    Répondre

Laisser un commentaire