27 juillet… 1794 – Arrestation de Robespierre

Le 9 Thermidor an II, soit le 27 juillet 1794, la Convention nationale fait arrêter Robespierre. Elle met du même coup fin à la Grande Terreur, instaurée par le chef de file de la Montagne (gauche républicaine) et chef du Comité de Salut public (gouvernement révolutionnaire), devenu un véritable dictateur.

Maximilien de Robespierre (1758-1794) – ©Musée Carnavalet/Wikimedia Commons. Domaine public

Max, l’«incorruptible»

A vouloir voler trop près du Soleil, on se brûle les ailes…
En développant un goût de plus en plus prononcé pour le pouvoir et la répression, Maximilien de Robespierre, devenu un véritable dictateur, subit le 27 juillet 1794 ce qu’il a infligé durant des mois à ses opposants : une arrestation suivie dès le lendemain d’une condamnation à mort par décapitation. Il n’a que 36 ans.

Il y a encore 5 ans, en 1789, cet avocat originaire de la petite noblesse d’Arras, plutôt effacé mais doué d’une grande éloquence, n’était qu’un simple député du Tiers Etat élu cette année-là aux Etats Généraux.
C’est en rejoignant le club des Jacobins, haut lieu de l’agitation révolutionnaire qui mêle autant de députés que d’artisans (les « sans-culottes »), que Robespierre sort de l’anonymat.
A travers des discours passionnels, il exprime avec talent les ressentis et les ambitions des Français et gagne le surnom d’«incorruptible défenseur du peuple».

Fervent apôtre des droits de l’Homme et du principe républicain, Robespierre achève de s’imposer sur le devant de la scène en 1792, lors de la chute de la monarchie et de la création d’une nouvelle assemblée, la Convention.
Alors que les monarchies étrangères se sont liguées pour remettre Louis XVI sur le trône et que les armées françaises sont engagées pour les combattre, Robespierre préfère se concentrer sur l’«ennemi de l’intérieur». Ceux qui ne sont pas d’accord avec lui, en somme…
Après la création de la Convention en septembre 1792 et sa réélection à l’Assemblée, il devient chef de file de la Montagne (gauche républicaine) et plaide pour une condamnation sans procès de Louis XVI, pour crime contre l’humanité. Il s’attaque aussi aux Girondins, majoritaires mais trop modérés selon lui.
Il écarte leurs chefs, parmi lesquels Danton, et devient, le 27 juillet 1793, président du Comité de Salut Public (gouvernement révolutionnaire).

La dictature en marche

Après avoir exclu les Girondins de l’Assemblée, les Montagnards établissent une dictature révolutionnaire, exercée par le Comité de Salut Public, autrement dit par Robespierre.
Entre autres mesures prise par ce dernier, la déchristianisation du pays et l’«instauration du culte de l’Être suprême»…
La Terreur est évoquée le 5 septembre 1793 à l’assemblée. Un recours pour lutter contre les ennemis de la Révolution et de la République, à savoir les royalistes, les catholiques et les gouvernements étrangers et leurs complices.
Le 10 octobre, Saint-Just déclare : «Il n’y a point de prospérité à espérer tant que le dernier ennemi de la liberté respirera. Vous avez à punir non seulement les traîtres, mais les indifférents mêmes : vous avez à punir quiconque est passif dans la République et ne fait rien pour elle…»

Le 5 février 1794, Robespierre justifie à son tour la nécessité de la terreur dans un célèbre discours selon lequel la peine de mort a cette fois toute son utilité…

La Terreur est lancée le 5 avril, accentuée par le décret du 22 Prairial an II (10 juin 1794) qui instaure la Grande Terreur. Elle doit frapper les esprits, achever de les soumettre tout en restant modéré.
Mais les commissaires de la République missionnés dans tout le pays (Carrier, Fouché,…) vont prendre des libertés qui engendreront, en 3 mois seulement, près de 40 000 morts, dont 17 000 seulement ont bénéficié d’une espèce de jugement avant d’être guillotinés…

Fin juillet, les députés de la Convention décident de réagir face à l’horreur et la dictature. Ils font arrêter Robespierre et ses proches le 27 juillet.

Mis hors-la-loi, il est transporté à l’Hôtel de Ville où, au cours d’une altercation violente entre des sans-culottes et des soldats, il est blessé à la mâchoire.
Le lendemain, défiguré, il est guillotiné avec ses comparses Saint-Just, Couthon, son frère Augustin et d’autres partisans de l’«Incorruptible».

La Convention devient Thermidorienne.
En octobre 1795, elle laissera la place au Directoire.

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